Mardi, les professions libérales, en particulier les pharmaciens, sont en grève. On estime à 98% le nombre d'officines fermées en Auvergne, les autres ont été réquisitionnées. Un mouvement pour protester contre le projet du gouvernement d'ouvrir le capital des sociétés libérales. Entre autres...

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Un monopole en danger

La grève des pharmaciens est motivée par un projet du gouvernement autorisant la vente de certains médicaments en grandes surfaces. La Suède, l'Italie, la Grande-Bretagne ont déjà franchi le pas mais en France, la possible disparition de ce monopole fait grincer des dents dans les officines. Selon les grévistes, la vente de médicaments sans ordonnance en grandes surfaces représentent un risque pour les populations. Patrice Roustan, pharmacien à Saint-Amand-Tallende (Puy-de-Dôme), explique: "Depuis que le paracétamol a été libéralisé dans certains pays, notamment la Suède, il y a une recrudescence de suicides et de morts par médicaments, notamment par ce produit qui n'est pas anodin. Une boite peut tuer une personne." Au-delà du risque sanitaire pointé du doigt par les pharmaciens, un autre danger est représenté par la perte de revenus que la libéralisation du marché entrainerait. Certains professionnels estiment la perte à 25%.
 

Vers un milieu rural déserté

En s'opposant à l'ouverture du marché aux grandes surfaces, les pharmaciens pointent également le risque de disparition de leurs officines en milieu rural. "A partir du moment où les officines ne seront pas reprises à la campagne, on verra une désertification médicale accrue", estime Catherine Derif, pharmacienne à Pontgibaud (Puy-de-Dôme).
 
 

Pharmacien, un métier de…pharmacien

En initiant ce mouvement de grève, les pharmaciens de France rejoignent d'autres professions libérales (huissiers, notaires, médecins, etc) qui ne veulent pas d'un autre projet gouvernemental, celui qui vise à réformer les professions règlementées. En effet, l'Etat souhaiterait l'ouverture éventuelle du capital des sociétés d'exercice libéral (SEL) et l'arrivée d'actionnaires non professionnels. Une idée qui fait l'unanimité contre elle.
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