Hervé Mariton place "le mariage pour tous" au centre de l'UMP

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Écrit par Isabelle Gonzalez
Meeting de l'association "sens commun" Paris le 15/11/2014
Meeting de l'association "sens commun" Paris le 15/11/2014 © AFP

A moins de deux ans de la primaire UMP pour la présidentielle 2017, les positions des différents responsables qui veulent jouer un rôle majeur s'affinent sur la question du mariage pour tous. Entre abrogation ou réécriture de la loi Taubira le sujet divise et gène parfois les différents prétendants

Samedi 15 novembre à Paris, lors d'un meeting de l'association Sens commun, trois candidats à la présidence de l'UMP ont pris la parole sur le thème, très attendu, du mariage pour tous. Ils sont intervenus à la tribune, à tour de rôle, sans jamais se croiser
ni, a fortiori, débattre, au grand dam de messieurs Bruno Le Maire et Hervé Mariton.

Ainsi, Hervé Mariton a eu droit à un tonnerre d'applaudissements pour avoir lancé: "abrogation de la loi". "Ce qu'une loi a fait, une loi peut le défaire", a déclaré le député de la Drôme, qui a accusé, dans le même temps, Nicolas Sarkozy de ne pas être "clair" sur ce sujet.
Le député, qui a mené la bataille contre «le mariage pour tous» à l’Assemblée nationale au nom de l’UMP propose une «union civile».








Bruno Le Maire, qui s'est abstenu sur la loi Taubira, s'est fait huer pour avoir maintenu

son opposition à une abrogation du texte: "Nous ne reviendrons pas, nous la droite républicaine, sur le mariage homosexuel" a-t-il expliqué aux militants de Sens commun.
Un propos plus nuancé donc: non à l’abrogation du mariage pour tous, mais oui à une «réécriture» de la loi. Mais il faut «une réécriture de la loi pour lever les ambiguïtés sur les questions de fiilation et de procréation médicalement assistée, et pour empêcher la gestation d'autrui», a ajouté Bruno Le Maire qui, finalement, n'est pas si éloigné des autres ténors même s'il joue l'image du «seul contre tous».









Nicolas Sarkozy, s'est finalement prononcé pour "l'abrogation" de la loi Taubira sur le mariage pour tous après avoir été chahuté pour avoir d'abord évoqué une "réécriture" de la loi. C'est la première fois que l'ancien président emploie le terme d'"abrogation" alors que, jusqu'à présent, il prônait une "réécriture" du texte sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels, principale réforme sociétale de son successeur François Hollande.
"La loi Taubira devra être réécrite de fond en comble", a affirmé M. Sarkozy,
devant environ 3.000 personnes, selon les organisateurs. Frigide Barjot, un temps
égérie de la Manif pour tous, était assise au premier rang.
En 2007, il avait promis une union civile sans jamais la mettre en oeuvre.



Loi sur le mariage homosexuel: les grandes étapes

Année 2012
- 11 sept : le gouvernement lance le débat sur le mariage homosexuel, promesse de campagne de François Hollande, avec un projet de loi qui rencontre l'adhésion de nombreux Français mais l'hostilité d'une grande partie de la droite et de l'église catholique.
- 17 nov : le collectif "La Manif pour tous" (LMPT), opposé au mariage homosexuel, rassemble 100.000 personnes (police) dans toute la France.
Année 2013
- 13 jan: entre 340.000 opposants (police) et 800.000 (organisateurs) à Paris à deux semaines du débat à l'Assemblée où plus de 5.000 amendements sont déposés.
- 2 fév: les députés adoptent l'article 1 ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Des dizaines de milliers d'opposants manifestent dans le pays. Le texte est adopté en première lecture dix jours après, la gauche vote pour et la droite contre malgré quelques exceptions.
- 24 mars: entre 300.000 opposants (police) et 1,4 million (organisateurs) manifestent à Paris. 98 arrestations après des incidents.
- 4 avr: le Sénat entame l'examen du texte, adopté le 12 avril. Actions sous ses fenêtres d'opposants, notamment Civitas (catholiques intégristes).
- 17 avr: l'Assemblée entame la seconde lecture, achevée dans la nuit du 18 au 19 avril après des débats houleux. Échauffourées et arrestations près du Palais-Bourbon. L'UMP annonce un recours devant le Conseil constitutionnel.
- 21 avr: 45.000 (police) à 270.000 opposants (organisateurs) manifestent à Paris. Des députés UMP défilent aux côté du député FN Gilbert Collard. A la Bastille, plusieurs milliers de partisans du projet "dénoncent l'homophobie".
- 23 avr: l'Assemblée adopte définitivement le texte (331 voix pour, 225 contre). Les opposants manifestent le 5 mai notamment à Paris.
Validée par le Conseil constitutionnel et promulguée par François Hollande, la loi paraît le 18 mai au Journal officiel. 
- 26 mai: 150.000 (police) à un million d'opposants (organisateurs) manifestent à Paris dans une atmosphère tendue. L'UMP mobilise, Frigide Barjot renonce devant "le climat de violence". Quelque 300 arrestations. Civitas rassemble séparément environ 3.000 personnes (selon la police).
- 29 mai: premier mariage homosexuel à Montpellier. Environ 7.000 mariages homosexuels (3% des unions en France) seront célébrés en 2013.
Année 2014
- 2 fév: 100.000 (police) à 540.000 personnes (organisateurs) manifestent sans incidents à l'appel de LMPT à Paris et Lyon contre la procréation médicalement assistée (PMA, réservée en France aux couples hétérosexuels) et la gestation pour autrui (GPA, interdite en France) avant un projet de loi sur la famille reporté le lendemain.
- 5 oct: manifestation LMPT à Paris et Bordeaux avec la participation d'élus UMP et FN. Deux jours avant, le Premier ministre Manuel Valls a affirmé son refus de la GPA. Les manifestants s'inquiètent après la validation en cassation le 23 septembre de l'adoption par un couple homosexuel d'enfants nés sous PMA à l'étranger et le refus de faire appel après la condamnation en juin de la France par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour son refus de transcrire des actes réalisés aux Etats-Unis après des naissances par mère porteuse.


Selon un sondage Ifop publié samedi 15 novembre 2014 sur le site Atlantico, chez les sympathisants UMP ils sont désormais majoritaires (58% contre 33% en janvier 2013) à se dire en faveur du mariage gay, en revanche ils sont toujours minoritaires (38%) à soutenir l'adoption par des couples de même sexe.

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