Ain : la cheffe d’entreprise avoue la tentative d’assassinat d’un syndicaliste, la CGT se porte partie civile

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La cheffe d’une entreprise à Izernore dans l’Ain, a avoué la tentative d’assassinat d’un syndicaliste tout en affirmant avoir regretté et demandé l’arrêt de ce projet. Aujourd’hui, la CGT a décidé de se porter partie civile.

La directrice générale d'une entreprise familiale située à Izernore dans l'Ain a avoué, selon nos confrères de RTL, le projet d'assassinat de l'un de ses salariés, syndicaliste par ailleurs.

Soupçonnée d’avoir commandité l’assassinat d’un syndicaliste, Murielle Millet avait été interpellée et incarcérée à Paris le 4 mai.
Le 6 mai, lors de sa garde à vue, elle avoue le projet d’assassinat aux enquêteurs, tout en affirmant avoir changé d’avis et demandé que le contrat soit stoppé. Mais les enquêteurs n’ont aucune trace de ce contre-ordre, ni des demandes de remboursements du contrat qui s'élevait à 75 000 euros.
Le 7 mai, elle est placée en détention provisoire et poursuivie pour "association de malfaiteurs en vue de la commission de meurtres en bande organisée" par un juge d'instruction parisien de la JIRS, Juridiction interrégionale spécialisée, chargé de la grande criminalité.

Son mari a également été mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre. Il est toujours en détention provisoire. La justice le soupçonne d’avoir été au courant du projet criminel de son épouse et de n’avoir rien fait pour l’arrêter.
Son frère, avec lequel elle co-dirige l’entreprise, a été entendu et libéré sans poursuite. 

Des aveux qui confirment les déclarations des deux hommes qui l'ont incriminée

''Je ne sais pas pourquoi mais j’ai dit oui'', avait déclaré Muriel Millet aux enquêteurs, lors de sa garde à vue
Ce sont deux membres de la Loge Athanor qui avaient incriminé Murielle Millet.
Le premier c’est Daniel Beaulieu, un ancien commandant de police de la DGSI, Direction générale du renseignement intérieur.
Le deuxième, c’est Frédéric Vaglio, son ''frère maçonnique'', ''vénérable'' au sein de la Loge, ex-journaliste devenu communiquant et expert en matière de sécurité et d’intelligence économique.
Les deux hommes se sont connus au sein de la loge maçonnique Athanor située à Puteaux, en région parisienne.

Lors de leurs gardes à vue respectives, les deux hommes avaient détaillé la rencontre avec Muriel Millet, la cheffe d’entreprise et le projet d’assassinat du syndicaliste.
Tous deux sont poursuivis pour complicité de tentative de meurtre en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs et complicité de vol avec violences, et ont été incarcérés. Ils sont impliqués dans d'autres affaires.

Un audit de sécurité qui se transforme en projet d’assassinat

Hassan est un mécanicien de 52 ans, délégué du personnel, adhérent à la CGT, et élu, en décembre 2019 au CSE, comité social de l’entreprise. Murielle craignait que l’activité syndicale croissante de Hassan entraîne l’implantation de sections syndicales dans l’entreprise familiale. C’était devenu ''une phobie'' avait déclaré le frère de Murielle aux enquêteurs.

C’est entre fin 2019 et début 2020 que Muriel Millet et son mari font la connaissance de Frédéric Vaglio, ancien journaliste au Dauphiné, devenu communiquant et expert en matière de sécurité et d’intelligence économique. En quelques semaines, après quelques coups de fils et quelques repas, l’audit de sécurité se transforme en projet d’assassinat

Mais, l’été 2020 après la tentative d’assassinat avortée de Marie-Hélène Dini, Frédéric Vaglio décide de mettre fin au contrat sur le syndicaliste. Tout comme le syndicaliste de l'Ain, Marie-Hélène Dini, coach en entreprise avait elle aussi un contrat sur la tête. Elle envisageait de créer un syndicat pour encadrer la pratique de la profession. L'un de ses concurrents craignait de ne pas être labellisé. Lui aussi était passé par Frédéric Vaglio et Daniel Beaulieu, les deux membres de la loge maçonnique Athanor.

La CGT se porte partie civile

Jusqu’à présent la CGT avait refusé de s’exprimer, préférant laisser l’enquête se dérouler. Aujourd’hui, à la suite des aveux de la directrice générale d’Apnyl, l’Union Départementale des syndicats CGT de l’Ain a décidé de se porter partie civile.
Fabrice Canet, Secrétaire général des syndicats CGT de l’Ain, affirme ''qu’au regard de l’extrême gravité des faits, nous estimons avoir légitiment un intérêt à agir. Attachés aux principes républicains et de la présomption d’innocence, nous continuerons à suivre l’évolution judicaire via notre avocat. Par ailleurs, nous constatons régulièrement des entraves à l’activité syndicale, et des remises en cause des libertés syndicales par un exercice antisyndical du patronat. Cependant, nous nous interdisons toutes formes de généralisation et d’amalgame''.

Le syndicaliste est accompagné

Le syndicaliste s’était vu proposé une rupture conventionnelle par les services des ressources humaines de son entreprise. Il avait refusé, préférant poursuivre son travail. 
En mars 2021, lorsqu’il a eu écho de l’affaire, était persuadé qu’il y avait erreur sur la personne. Père de famille, gilet jaune, il était à des années lumières de penser qu’un contrat de 75000 euros était sur sa tête.

Mais devant l’ampleur de l’affaire, il est étroitement accompagné par son syndicat.

''Notre priorité, explique Fabrice Canet, Secrétaire général des syndicats CGT de l’Ain, est d’accompagner notre camarade dans cette épreuve et de l’associer à toutes nos décisions. Des contacts ont été pris avec notre avocat afin de construire la stratégie la plus adaptée. Ces rencontres ont eu lieu avec le camarade et le syndicat des plastiques d’Oyonnax afin de sécuriser sa situation contractuelle. Par ailleurs, des contacts ont également été pris avec la médecine du travail, une procédure de reconnaissance d’accident du travail est en cours auprès de la CPAM et l’accompagnement de notre camarade se poursuivra aussi longtemps que nécessaire''.