Covid-19 : entre 40 et 60 salariés d'un hypermarché de Ferney-Voltaire manifestent pour une augmentation salariale

Un tiers des 139 salariés d’un hypermarché Carrefour à Ferney-Voltaire, dans l’Ain, ont tenu un piquet de grève devant leur magasin, avant de manifester sur le rond-point situé à proximité. Ils réclament une part des bénéfices engendrés depuis la crise du Covid-19.

Un tiers des salariés de l'hypermarché de Ferney-Voltaire demande à profiter des bénéfices engendrés par les grandes enseignes depuis la crise sanitaire.
Un tiers des salariés de l'hypermarché de Ferney-Voltaire demande à profiter des bénéfices engendrés par les grandes enseignes depuis la crise sanitaire. © Mohamed Akoudad

Entre 40 et 60 salariés d’un hypermarché Carrefour situé à Ferney-Voltaire, dans l’Ain, à la frontière franco-suisse, se mobilisent contre leur enseigne. Ils ont tenu un piquet de grève ce vendredi 30 avril matin, avant de manifester à proximité de l’hypermarché.

Ils réclament notamment une augmentation salariale liée aux efforts fournis depuis le début de la crise sanitaire. Une demande qu’ils jugent légitime eu égard aux bénéfices réalisés par les grandes enseignes, particulièrement le groupe familial Provencia, gérant de cinq magasins dans le Pays de Gex, dont celui des grévistes.

''Les employés gagnent en moyenne 1 200 euros par mois", explique Mohamed Akoudad, délégué du personnel CGT et salarié de l’hypermarché depuis 14 ans. "Les loyers sont chers, la vie est chère ici. Nous sommes à 200 mètres de la frontière suisse. Notre hypermarché réalise des bénéfices, et nous ne pouvons pas en profiter ! Nous n’avons même pas le droit à la prime de la vie chère que nous réclamons depuis 2019. Nous n’avions pas non plus eu droit à une prime liée pendant la deuxième vague''.

De son côté, la direction tient à rappeler certains points. ''Tout d'abord, explique Jean-Jacques Signoux, directeur des ressources humaines du groupe Provencia, il y avait 44 personnes en débrayage. Ensuite, les salairiés gagnent en moyenne un peu plus que le SMIC, 18% de plus tous avantages confondus. Il y a une prime d'assiduité qui est d'environ 450 euros par an et un treizième mois. L'entreprise participe à hauteur de 65% à la mutuelle, soit 345 euros par an. Les salariés ont une escompte de 11% pour leurs achats, ce qui représente 937 euros net par an. Enfin, ils ont bénéficié, en juin 2020, d'une prime de pouvoir d'achats, environ 800 euros net''.

Par ailleurs le DRH du groupe précise que le chiffre d'affaires avait fortement baissé à cause de la crise sanitaire, notamment avec la fermeture des frontières. ''Le chiffre d'affaire ayant baissé, poursuit-il, nous avions été contraints de réduire l'activité. Malgré, l'activité partielle, les salaires ont été maintenus à 100%. Et en juin 2020, nous avions signé un accord de groupe pour la participation aux bénéfices. Sans cet accord les magasins du Pays de Gex n'aurait pu prétendre à aucune participation''


Le mouvement risque de s’amplifier

Selon les manifestants, l’hypermarché de Ferney-Voltaire brasse à lui seul plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. ''Certains d’entre nous, poursuit le délégué du personnel, sont à sec à partir du 15 ou 20 du mois. Depuis 2019, le Pays de Gex est éligible à la prime de la vie chère. Mais la direction ne veut pas céder''.

Près de la moitié des salariés de l'hypermarché de Ferney-Voltaire demande à profiter des bénéfices engendrés par les grandes enseignes depuis la crise sanitaire.
Près de la moitié des salariés de l'hypermarché de Ferney-Voltaire demande à profiter des bénéfices engendrés par les grandes enseignes depuis la crise sanitaire. © Mohamed Akoudad

 

C’est la deuxième fois que les salariés se mettent en grève. Ils s'étaient déjà mobilisés la semaine du 24 avril. Les réunions avec la direction n’ayant rien donné selon les grévistes, d’autres manifestations sont envisagées dans les prochains jours.

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