75 ans après la déportation des enfants d'Izieu, "la dette de mémoire"

Le 6 avril 1944, 7 adultes et 44 enfants juifs, de la colonie d'Izieu, étaient emmenés au Camp d'Auschwitz-Birkenau. 75 ans plus tard, c'est sous les fenêtres de la colonie, que le devoir de mémoire s'exerce, en présence des rescapés. Le hasard, la chance ont fait qu'ils étaient partis juste avant. 
La fameuse photo des enfants d'Izieu colorisée et décorée de tissus par Olivier Camen.
La fameuse photo des enfants d'Izieu colorisée et décorée de tissus par Olivier Camen. © Franck Grassaud

Il le dit souvent aux journalistes, Samuel Pintel estime avoir une "dette de mémoire", ce qui justifie de nouveau sa présence pour la commémoration des 75 ans de la rafle. Il était le numéro 45 sur la liste des enfants d'Izieu. Il aurait dû monter dans ces camions envoyés par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon. Mais le sort en a décidé autrement, il venait de partir. 

Reportage Franck Grassaud et Valérie Benais
durée de la vidéo: 01 min 54
75 ans de la rafle d'Izieu ©France 3

A l'annonce des noms des victimes de la barbarie nazie, Samuel baisse la tête. "Je pense à mes copains, mes copines avec qui je jouais ici." On devine une grande émotion dans ses yeux, dans sa voix. L'homme vit à Paris, mais il vient souvent à Izieu, pour raconter. "J'espère que tous ces jeunes devant qui on a témoigné prendront le relais, quand on se sera plus là." On voit que cet "après" l'interroge. Mais à un peu plus de 80 ans, il a encore la force de faire perdurer ce devoir de mémoire. 
 
Cérémonie devant la Maison des enfants d'Izieu.
Cérémonie devant la Maison des enfants d'Izieu. © Franck Grassaud

Ce samedi 6 avril, d'autres "rescapés", -comme on les a appelés-, ont fait le déplacement dans l'Ain. Ils étaient là, quelques jours, quelques semaines, quelques mois avant le voyage sans retour. Il y a Henri Kaufman, Roger Wolman, Hélène, Adolphe et Bernard Waysenson. Ils essaient tous de venir régulièrement à "la colonie", leur refuge des années de guerre. Leur havre dans un monde tourmenté, où ils devaient tout oublier, Sabine et Miron Zlatin s'y employaient. "Comment un lieu aussi beau a-t-il pu être la scène d'un tel drame?", se demande encore Hélène. 

Beate et Serge Klarsfeld, dont l'Histoire retiendra "leur chasse aux Nazis" étaient évidemment présents pour cette commémoration, eux qui ont grandement participé à la condamnation de Klaus Barbie pour "crimes contre l'humanité". 

Interview
durée de la vidéo: 01 min 52
Izieu. Interview de Serge Klarsfeld ©France 3




  

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
histoire seconde guerre mondiale shoah société