Dans les usines, des milliers de machines sont renouvelées chaque année. Que deviennent-elles ? Une entreprise de l'Ain est spécialisée dans le rachat et le démontage de ces outils industriels pour reconditionner et revendre des composants réutilisables. Ce secteur du réemploi est porteur et offre une seconde vie à de nombreuses pièces.
"On récupère et on rachète un nombre infime des machines qui sont quotidiennement envoyées chez des recycleurs. On est à environ 1% des produits qui sont collectés et démontés par nos soins. Le reste part au broyage. C'est du gâchis pour les entreprises qui ont besoin de ce matériel pour continuer leurs productions ", explique Frédéric Fléchon, créateur de la société REI-Industry, spécialisée dans le réemploi d'équipements électroniques industriels.
Tri et réemploi
Dans cette société aindinoise, installée dans la zone artisanale de Meillonas, on récupère composants électriques et électroniques. Les machines-outils ou les armoires électriques sont désossées. Cartes électroniques, variateurs, moteurs, contacteurs, métaux, verre, câbles… tout est méticuleusement répertorié. Les différents composants utilisables sont ensuite nettoyés, triés et reconditionnés. Certains éléments vont ainsi être réemployés dans le secteur industriel.
"Certains n'ont pas d'autres choix que de reprendre un matériel reconditionné issu de l'économie du réemploi", explique Frédéric Fléchon. Le chef d'entreprise a eu l'idée du réemploi en faisant carrière dans l'industrie et en se rendant compte du gâchis. Les machines ont toutes des pièces qui peuvent resservir.
Les matériaux qui ne peuvent être réemployés en l'état prendront la direction de filières de recyclage adaptées ou de gestionnaires de déchets.
Perles rares
Et ces matériels industriels obsolètes peuvent vite devenir de véritables cavernes au trésor. Certaines pièces, indispensables à l'industrie, ne sont plus fabriquées et sont devenues introuvables. Faute de pouvoir utiliser des produits de substitution, des entreprises n'hésitent pas à se servir alors directement dans cette société aindinoise. Des perles rares qui peuvent valoir une petite fortune. "Certains industriels, en panne, envoient parfois des taxis-colis - des hélicoptères - pour venir chercher une pièce à 40 euros parfois. Mais une pièce qui n'est plus fabriquée et qui ne peut être remplacée par quelque chose de récent" , explique Frédéric Fléchon.
Le matériel reconditionné sera réemployé quelque part en France ou à l'étranger.
"Soit les demandes concernent des industriels qui ont besoin de pièces d'avance, en prévision, car elles ne sont plus fabriquées. Soit ce sont des industriels qui sont en panne et là, il faut répondre en urgence, dans la journée", explique Lucile Fléchon, Chargée de projet REI Industry. Les conséquences peuvent être insoupçonnées. "Une panne sur un petit article peut entraîner des milliers d'euros de dégâts si toute une ligne est à l'arrêt", ajoute-t-elle.
L'entreprise a vu le jour en 2014 à Château-Gaillard. Signe de sa bonne santé et d'un secteur prospère, l'an dernier, elle a dû déménager pour trouver des locaux plus grands, de plus de 1200 m². L'entreprise compte plus de 40 000 pièces pour près de 15 000 références.