Grippe aviaire et confinement des volailles:"Quand je me suis installé en Bresse, c'était pour faire de la haute-couture et non du poulet bas de gamme !"

Publié le Mis à jour le
Écrit par D.Mazzola (avec M.Zammit et B.Metral)

La France est passée en risque de grippe aviaire "élevé" début novembre. Dans l'Ain, le virus a été détecté dans la Dombes sur 2 oiseaux sauvages. Aucun cas n'est à signaler pour l'heure parmi les élevages. Si la maladie inquiète la profession, certains refusent pourtant de confiner leurs volailles de Bresse AOP. Explications.

L'influenza aviaire est hautement pathogène. La dernière crise avait fait des ravages dans le Sud-Ouest. Le 5 novembre dernier, face à une progression de l’épizootie en Europe et notamment dans les pays limitrophes, le Ministère de l’Agriculture a fixé à "élevé" le risque de grippe aviaire. Ce seuil contraint notamment les agriculteurs à confiner leurs volailles.

Dans l'Ain, le passage en "risque élevé" a poussé les éleveurs de volailles de Bresse à s'adapter. Poulets, poulardes et chapons évoluent toujours en plein air même si leur temps de parcours en extérieur a été réduit. Des filets de protection ont également été installés afin d'éviter les contacts avec les oiseaux migrateurs qui pourraient être porteurs du virus de la grippe aviaire. En revanche, ces éleveurs aindinois sont opposés à l'obligation de claustration de leurs volailles. Un refus au nom de leur AOP. 

"Nos volailles sont faites pour être élevées en plein air !"

La mesure est impensable pour la filière : "à court terme, on comprend la nécessité de cette mesure, puisque des cas avérés ont été repérés dans la faune sauvage. Mais à long terme, ce n'est pas durable de fonctionner avec ces conditions de mise à l'abri. Nos volailles sont faites pour être élevées en plein air," explique Pierre-Emmanuel Forest, représentant du Comité Interprofessionnel de la Volaille de Bresse (CIVB).

Antoine Mazué, éleveur de volailles de Bresse AOP à Viriat, a préféré ignorer cette mesure. Pour respecter la consigne de l'Etat, ses poulets devraient être clôturés sur une surface de 350 mètres carrés. Il s'y refuse et s'explique:



"Quand je me suis installé dans la Bresse il y a 5 ans, c'était pour faire de la haute-couture et pas pour faire du poulet bas de gamme !" Ce dernier ajoute: "Et quand on veut faire de la haute-couture, ce n'est pas avec des techniques industrielles!"

Les producteurs de volailles de Bresse AOP ne veulent pas sacrifier la réputation de leur appellation au nom de la sécurité sanitaire. Les poulets bressans restent donc au grand air. Le risque pour les éleveurs : ne pas être indemnisés si leur exploitation venait à être touchée par le virus.

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