Réouverture d'une carrière dans l'Ain : les villageois opposés aux camions

Un test organisé par les habitants de Ramasse avec un camion et tracteur prouve que les véhicules auront du mal à se croiser dans le village. / © Franck Grassaud
Un test organisé par les habitants de Ramasse avec un camion et tracteur prouve que les véhicules auront du mal à se croiser dans le village. / © Franck Grassaud

La France a besoin de pierres et de granulats, les grands chantiers en manquent. Voilà pourquoi les carrières sont de plus en plus nombreux à rouvrir, notamment en Rhône-Alpes. Dans l'Ain, l'une d'elles inquiète les villageois de Ramasse. 

Par Franck Grassaud

Fin décembre, les habitants de Ramasse ont mené une drôle d'expérience un samedi matin. Ils ont donné rendez-vous à un transporteur avec son 19t ainsi qu'à un agriculteur et son tracteur. Les véhicules étaient invités à se croiser dans les rues du village. Le bilan est sans appel, l'opération est compliquée, pour ne pas dire impossible. Pour pouvoir avancer, le camion a d'abord dû reculer, se garer et a enfin pu laisser passer le convoi paysan. "C'est normal, les véhicules font en moyenne 2m50 et on a que 4m20 à cet endroit", explique le maire Michel Porrin. Le test est venu confirmer ce que pensent les villageois, la réouverture d'une carrière de Drom, à quelques kilomètres, ne va apporter que l'insécurité au coeur de la commune. "Ils ont pensé à nos enfants ? ici on n'a pas de trottoir !", lance une mère entre 2 pancartes où l'on peut lire : "non aux camions", "priorité sécurité". 

Désormais, les habitants attendent le résultat d'une enquête publique durant laquelle ils se sont largement exprimés, se déplaçant à plusieurs pour dialoguer avec le commissaire enquêteur. "On ne veut pas de ces 40 camions par jour", ajoute le maire qui a fait les comptes en examinant attentivement l'étude d'impact. Dans une interview accordée au Progrès, l'exploitant parle, lui, de "16 camions au maximum". "16 allers, 16 retours... ça fait déjà plus d'une trentaine, c'est énorme !", répond Michel Porrin qui pointe également un passage à niveau où l'on a déjà du mal à se croiser. 

La contestation gagne du terrain. En bordure de route, Thierry Gallinica est carrément inquiet pour son activité professionnelle. Dans le sous-sol de sa maison, il élève des raies d'eau douce installées dans de grands bassins ou des aquariums. "Non seulement le passage répété des camions de 44t va endommager mes bacs, -on s'attend à des fissures-, mais la reproduction est compromises car les raies stressent facilement."
 
Un élevage de raies d'eau douce. / © Franck Grassaud
Un élevage de raies d'eau douce. / © Franck Grassaud

Ramasse n'entend donc pas se laisser faire à l'aube de l'exploitation d'une carrière dont les habitants ne critiquent pas l'activité, seulement les effets.  

Reportage Franck Grassaud et Maryne Zammit
Ain. Des habitants opposés aux camions
A Ramasse, une carrière doit rouvrir mais les habitants s'opposent au passage des camions. - France 3

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