Vol d’un théorbe, instrument baroque rare, à Foissiat (Ain)

A droite, le théorbe volé à David Chevallier dans son étui en aluminium. / © Cie David Chevallier 2016
A droite, le théorbe volé à David Chevallier dans son étui en aluminium. / © Cie David Chevallier 2016

Un artiste en résidence à Foissiat (Ain) s’est fait voler son théorbe, un instrument baroque rare de la famille des luths, dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 novembre. Il doit jouer cette semaine une série de représentations avec la compagnie dijonnaise "Les traversées baroques".
 

Par Maryne Zammit

David Chevallier s’apprêtait à répéter quelques morceaux, samedi matin, à la salle Multimédia de Foissiat (Ain), lorsqu’il a fait une fâcheuse découverte : son théorbe, cet instrument baroque rare à cordes pincées, a disparu pendant la nuit.

"Je l’avais laissé ici pour des histoires de changements de température, explique le musicien en résidence pour quelques jours, car c’est un instrument qui est très sensible aux variations thermiques, ce n’est pas bon pour lui. Or, l’endroit où je suis logé est très chaud. Pour une fois, je l’ai laissé là, je pensais que les lieux étaient sécurisés. Ce n’était pas le cas."
 

Sur place, pas de trace d’effraction, mais d’autres objets ont été dérobés : le banjo de David, des casques, des amplis, des câbles, des outils… et des bonbons. Autant dire que les malfaiteurs n'étaient pas des professionnels et n’avaient pas d’objectif précis.

Orchestrée par le Théâtre de Bourg-en-Bresse, la première représentation publique de la compagnie dijonnaise "Les traversées baroques" devait avoir lieu samedi après-midi. Elle a dû être annulée.
 

Un préjudice inestimable 

Après un appel à la solidarité sur les réseaux sociaux, David a pu récupérer ce qu'il lui manquait : un nouveau banjo, des cordes et surtout, un théorbe. "On a eu pas mal de chance de trouver des musiciens-amis qui ont tout de suite réagi, détaille Judith Pacquier, de la compagnie. Dans l’Ain, il y a pas quand même pas mal de musiciens qui n’habitent pas si loin que ça, entre Dijon, Châlon, Mâcon et Lyon."

Mais les sensations que David avait jusqu'ici ne sont plus les mêmes."C’est un bon instrument qu’on m’a gentiment prêté, mais qui n’est pas le mien. Il est de dimension supérieure au mien, tous les écarts sont changés… donc c’est des réflexes qu’il faut acquérir de nouveau". 

Vidéo : le théorbe de David en concert


Passé le choc, l'artiste veut croire à la réapparition soudaine de son matériel. "On pense que les gens qui ont fait ça ne savent pas ce qu’ils ont pris, estime David, ils m'ont pris mon instrument de travail." Un objet invendable sur le marché, mais inestimable pour l'instrumentiste, qui l'a fait fabriquer sur-mesure en 2012 par un luthier de Rouen. Une reproduction très personnelle, inspirée des facteurs d'instrument du XVIIe siècle. "La meilleure chose à faire serait de s’en débarrasser. Sans l’abîmer, de préférence, car le théorbe est fragile. Ce serait une belle surprise de le retrouver, mais serai-je entendu ?", conclut-il. 

Reportage
Foissiat (Ain) : Vol d'instruments de musique

Sur le même sujet

toute l'actu théâtre

toute l'actu musique

Les + Lus