Déconfinement: la pêche reste interdite sur les plans d'eau, déception parmi les amateurs du Rhône et de l'Ain

Privés de sortie pendant 2 mois, les pêcheurs peuvent ressortir les gaules depuis lundi. Un reprise très attendue mais limitée : un décret ministériel interdit l’accès aux plans d'eau, aux étangs et aux lacs. Sauf arrêté prefectoral, les amateurs devront se contenter des rivières et canaux. 
 

© C. Erkul / MAXPPP
Le 14 mars dernier, la saison de la truite était ouverte... Joie de courte durée pour les pêcheurs : le 17 mars, le confinement entrait en application et les mordus de la pêche à la ligne devait ranger les cannes. 

Ils étaient nombreux à attendre le déconfinement pour pouvoir à nouveau pratiquer leur loisir préféré (le département du Rhône compte 24 000 pêcheurs, l'Ain plus de 29 000). C'est chose faite depuis lundi, mais cela s'accompagne de restrictions de taille : un décret ministériel (Décret n° 2020-545), signé le jour même, maintient l'interdiction de pêcher dans les plans d'eau, étangs et lacs, et interdit toutes les activités nautiques et de plaisance.

"Nous regrettons vivement ce revirement de situation de dernière minute contraire aux précédentes annonces du gouvernement", réagit la Fédération de pêche du Rhône et de la Métropole de Lyon sur son site internet. "Votre Fédération [met] tout en œuvre auprès des mairies pour faire rouvrir l’accès aux plans d’eau", lit-on aussi. En effet, les préfets peuvent localement rouvrir les plages à la pêche sur demande des maires.

Des dérogations préfectorales en bonne voie

La déception est particulièrement forte dans l'Ain. Marc Rollet, le président de la Fédération départementale, énumère les nombreux plans d'eau très appréciés des pêcheurs de carnassiers (brochet, cendre, etc) : le lac de Nantua, bien sûr, mais aussi de Barterand, de Cormoranche ou de Mézériat, et les plans d'eau de Montrevel-en-Bresse ou de Saint-Etienne-du-Bois. Des hauts-lieux de la pêche dont la réouverture est attendue avec impatience.

Sur son site internet, la Fédération de l'Ain encourage ses adhérents à demander des dérogations : "Vous pouvez nous aidez sur ce point en contactant les maires des communes sur lesquelles se situent les plans d’eau afin qu’ils soumettent une demande d’accès au Préfet".

Des démarches qui pourraient être couronnées de succès : contactée, la Préfecture de l'Ain se déclare favorable à un assouplissement au cas par cas du décret ministériel. La pêche depuis les plages ou les bords de plans d'eau pourra être autorisée à la condition que les gestes barrières puissent y être appliqués.

Un perte sèche pour les fédérations

C'est un soulagement pour les fédérations de pêche qui accusent une perte de revenus depuis le début du confinement. Le président de celle de l'Ain évalue à 50% la baisse des ventes de cartes par rapport à l'année dernière. Les permis de pêche annuels sont très minoritaires, et les cartes vacances, enfant, femme ou à la journée ne sont plus vendues depuis 2 mois.

Ce manque à gagner aura forcément des conséquences, selon Marc Rollet : "On devra se serrer la ceinture", annonce-t-il "le réempoissonnement va baisser, l'année prochaine, et même peut-être pendant deux ans". Pour limiter la csse, il compte sur la levée, fin mai, de l'interdiction de naviguer sur les plans d'eau : "Nous avons, dans certains sites, des berges abruptes où la barque est la seule possibilité de pêcher".

 
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