Photographie : des portraits d’habitants de Misérieux exposés sur les murs de ce village aindinois

Au printemps 2020, des habitants de Misérieux dans l’Ain ont pris la pose dans le studio de Michel Cavalca, photographe professionnel. Aujourd’hui, les portraits sont accrochés sur les murs du village. Une exposition qui vise à tisser des liens malgré le confinement.
Les habitants de Misérieux s'exposent sur les murs du village
Les habitants de Misérieux s'exposent sur les murs du village © Michel Cavalca
Ils n’ont pas échappé au confinement mais se sont autorisés à rêver un ailleurs, à s’échapper le temps d’une séance photo. Ils sont retraités, actifs ou bien écoliers. Ils ont en commun un village et l’envie d’y créer du lien. Sous l’objectif de Michel Cavalca, photographe professionnel, une centaine d’habitants du village de Misérieux dans l’Ain s’est prêtée au jeu : poser avec un objet figurant leur vécu pendant ce confinement et symbolisant leurs envies d’évasion. Comme une échappatoire dans cet espace-temps à demi pétrifié. Aujourd’hui ces clichés s’exposent à l’air libre en habillant les façades du village. Sur des tirages en noir et blanc, le timide Yves enfourche sa mobylette et redevient adolescent, Elise grande voyageuse s’aère l’esprit et s’évente guides touristiques en main. Sous les projecteurs, le sourire de cette professeure d’anglais est communicatif, contagieux :

« Avant le confinement je voyageais beaucoup. Cette expérience, c’était comme essayer de continuer avec nos passions d’avant, essayer de créer du lien avec tout le monde et partager ce qu’on aime faire »
 
Certains ont profité du confinement pour faire du modélisme.
Certains ont profité du confinement pour faire du modélisme. © Michel Cavalca

Créer du lien malgré le confinement

Elise est membre du café associatif Misellan qui est à l’origine de l’exposition. L’idée de présenter ces portraits d’habitants est née avant le confinement. L’intention première : provoquer des rencontres, apprednre à se connaître et pourquoi pas nouer des amitiés. Les sessions en studio ont eu lieu au printemps et, restrictions sanitaires obligent, les photographies n’ont pu être exposés en salle. Voilà comment une quarantaine de tirages en grand format se sont retrouvés accrochés sur les murs du village et comment cette bourgade de 2000 âmes s’est transformée en galerie à ciel ouvert.
 
Reportage


Michel Cavalca habite Misérieux depuis 37 ans. Il a été lauréat du prix de la meilleure photo de spectacle en 2018. Cet artiste et professionnel reconnu a mis en lumière ses voisins, des villageois peu familier des feux de la rampe. De cette expérience il retient l’ambiance joyeuse dans laquelle se sont déroulées les séances. Et en participant à l’accrochage, il a pu redécouvrir son village et ses voisins :

« Je dois dire, à ma grande surprise que les gens je ne les connaissais pas ! Je ne savais pas du tout ce qu’ils faisaient et quelles étaient leurs passions. Il y a eu un moment d’échanges qui a été très important. Ça a toujours été des séances très joyeuses. Cela se voit sur les photos : les gens étaient très fiers de montrer ce qu’ils faisaient »

Et voilà comment Marcel 96 ans se retrouve adossé au mur de l’église en buvant du petit lait, ou comment Zoé, 5 ans, enfourche fièrement sa trottinette devant son école. La centaine de clichés devrait faire l’objet d’une exposition « intra-muros » lorsque les conditions sanitaires le permettront.
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