A Moulins, cette artiste utilise la pyrogravure pour dessiner des arbres

Dans son atelier de Moulins, dans l’Allier, Claire Forgeot dessine de grands arbres ou des paysages. Elle dessine ou plutôt brûle : l’artiste a adapté la pyrogravure au papier et utilise le feu, le plus grand ennemi de la végétation, pour faire les portraits de ses arbres préférés.

Dans son atelier de Moulins, dans l’Allier, pour réaliser ses jardins consumés, Claire Forgeot a essayé et adopté une technique très spéciale, où la brûlure fabrique la couleur. La peintre explique sa technique : « Je troue le papier. Je le scarifie avec de la chaleur. Cela crée une brûlure, qui forme un halo de couleurs sépia qui correspond à la consumation du papier ». 

La désolation d'un paysage grec

L’idée est née d’une tragédie : en 2004 en Grèce, l’artiste voit un paysage dévasté par un incendie. Elle raconte : « Je me suis rendue compte que le noir de calcination des arbres était magnifique. C’était magnifique dans le paysage et cela structurait l’espace d’une manière très particulière. J’ai pris des photos. Elles me servent à faire le dessin qui intervient avant le travail de brûlure ». La saturation du noir rappelle le tronc des pins calcinés. Le sépia de la brûlure recrée les feuillages et donne envie à l’artiste de représenter des arbres. Mais pas n’importe lesquels. Claire Forgeot souligne : « J’ai mis les coordonnées GPS des arbres et du paysage. C’est pour bien signifier qu’ils sont quelque part. Ce sont eux et pas d’autres ».

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Dans son atelier de Moulins, dans l’Allier, Claire Forgeot dessine de grands arbres ou des paysages. Elle dessine ou plutôt brûle : l’artiste a adapté la pyrogravure au papier et utilise le feu, le plus grand ennemi de la végétation, pour faire les portraits de ses arbres préférés. Intervenante : Claire Forgeot, peintre ©V. Mathieu / R. Beaune / A. Jais / S. Bonnetot


Des arbres qui se transforment

Car les arbres dessinés par l’artiste deviennent des personnages, comme les peupliers noirs du bord de l’Allier. Elle les a choisis pour en faire le portrait. La peintre précise : « Il y a quelque chose d’amical qui s’installe. C’est là où le choix intervient. J’ai envie de les collecter pour ma collection de portraits ». A chaque fois c’est une rencontre. Face à des pins maritimes en Grèce ou à un bouquet de peupliers Claire s’engage : « Quand je dessine, je sens une certaine responsabilité vis-à-vis de l’arbre. Je n’ai pas envie de faire n’importe quoi. J’ai envie de lui rendre hommage peut-être ». 

Claire va encore voyager pour repérer des arbres. Les jardins consumés, eux sont prêts à sortir de l’atelier moulinois et partent à Libourne pour être exposés.