Un an après la loi Macron, le succès des lignes de bus privées terni par des gares routières peu performantes

La gare routière de Grenoble a récemment été rénovée par le conseil départemental de l'Isère.
La gare routière de Grenoble a récemment été rénovée par le conseil départemental de l'Isère.

Le nombre de voyageurs en bus privés a explosé en même temps que l'offre s'est développé, depuis l'entrée en vigueur de la loi Macron, mais les compagnies regrettent que les aires d'accueil restent si peu performantes.

Par Quentin Vasseur

On fêtera bientôt son anniversaire. Pas à Emmanuel Macron, mais à l'une des lois qui portent son nom. Samedi 6 août, la loi Macron soufflera sa première bougie.

Cette loi dite "pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques" est connue pour avoir réglementé le travail du dimanche, mais elle a surtout conduit à la libéralisation la création de nouvelles lignes d'autocar. Ce sont les fameux "bus Macron" dont on entend parler depuis maintenant un an.

Ces bus ont rencontré un franc succès, puisqu'à Grenoble ils sont près d'un millier à se presser chaque mois dans les autocars. Cela représente 10% du passage des bus en gare routière en France. "C'est un transport qui est bien dans l'esprit du temps, analyse Alexandre Anselmino, chauffeur et patron d'Europe Autocars, qui correspond bien au besoin de mobilité qu'ont les gens aujourd'hui."

Mais tout n'est pas rose pour autant, avec cette "révolution Macron", car les infrastructures, qui dépendent des villes et des conseils départementaux, ne sont pas toutes à la hauteur de ce nouveau marché.

"Le vrai problème de la réforme qui a été mise en place, c'est qu'il y a des gares routières qui sont relativement performantes en zone de province, poursuit-il, par contre dans les grands axes urbains de Paris et de Lyon, les gares routières ne sont pas faites pour accueillir des gens ni pour renseigner les gens". La gare de Grenoble vient d'être rénovée, mais certaines n'ont rien, pas même un toit pour permettre aux voyageurs de s'abriter.

Reportage Fabrice Liégard, Yves-Marie Glo et Eric Achard.
Lignes d'autocars et loi Macron
Intervenant: Alexandre Anselmino, "Europe autocars"

Qu'a changé exactement la loi Macron ?


La loi Macron visait à libéraliser le transport par autocar en autorisant l'exploitation des lignes de bus sur le territoire national.

Jusque-là, même si les liaisons par autobus existaient, elles étaient très contraignantes. Par exemple, les lignes partant d'une ville à une autre ne pouvaient pas proposer d'arrêts dans les villes qui se trouvaient sur son chemin. 

C'est ce qu'on appelle le cabotage, le transport de passagers ou de marchandises sur de courtes distances. Cette contrainte a été assoupie en ce qui concerne les liaisons internationales, puisqu'un trajet Paris-Berlin a pu par la suite proposer un arrêt à Strasbourg. Mais même ainsi, le nombre de passagers voyageant sur le territoire français devait être limité.

Depuis l'entrée en vigueur de la loi, les bus peuvent désormais effectuer plusieurs arrêts en France, comme le fait un train. Les liaisons inter-régions ont ainsi été autorisées.

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