L'hôpital de Privas (Ardèche) est reconnu coupable de discrimination à l'embauche

Victoire Pras, laborantine et victime de discrimination à l'embauche liée à son origine / © France 3 Rhône-Alpes
Victoire Pras, laborantine et victime de discrimination à l'embauche liée à son origine / © France 3 Rhône-Alpes

Victoire Pras vient de gagner son procès face à l'hôpital de Privas. Fin février 2019, le tribunal administratif de Lyon condamne l'hôpital pour discrimination à l'embauche fondée sur l'origine. Victoire Pras doit toucher la somme de 2000 euros en guise de dédommagement.

Par Nicolas Ferro

Victoire Pras n'a jamais rien lâché. Son combat face à l'hôpital de Privas aura duré des années.

Victoire Pras : "C'est un soulagement, au bout de 10 ans de combat je suis bien contente que cela soit enfin reconnu, je me suis vraiment battue et cela a été difficile".

En 2009, alors qu'elle travaille en CDD comme secrétaire médicale à l'hôpital de Privas, elle postule sur un poste de technicien en laboratoire pour lequel elle vient d'être formée. Victoire a obtenu son Brevet de Technicien Supérieur (BTS) d'analyse biologique par alternance. Sa candidature est refusée et finalement le poste n'est pas pourvu.


L'affaire rebondit en 2010. Victoire Pras postule une seconde fois à de nouveaux postes de laborantin ouverts à la candidature. Second refus de l'hôpital qui, dans le même temps, recrute des personnes ayant le même niveau d'études qu'elle et avec moins d'expérience.

Victoire Pras est française d'origine africaine et ne souhaite pas en rester là. Elle pressent que ces refus à ses candidatures revêtent un caractère raciste. Elle en avertit le défenseur des droits qui classe l'affaire sans suite pour une question de diplôme. L'hôpital serait plutôt à la recherche de personnes ayant un diplôme universitaire (IUT).

Second rebondissement. Victoire Pras répond à une troisième candidature de poste qui se ponctue toujours par le même refus. 

Victoire relance donc l'affaire devant le défenseur des droits qui rouvre une enquête. En 2015, il déclare cette fois-ci qu'il y a faute de l'hôpital. Avec le soutien du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP) Victoire Pras demande alors que son histoire soit jugée devant le tribunal administratif de Lyon. En février 2019, le tribunal se prononce enfin et reconnaît la discrimination à l'embauche fondée sur l'origine.

Victoire Pras : "Ce genre de discrimination ne doit pas exister, c'est choquant aujourd'hui de refuser un travail à quelqu'un par rapport à sa couleur de peau "

Entre temps, Victoire Pras a obtenu un poste fixe de technicienne en laboratoire à l'hôpital d'Aubenas. Une place fondée sur ses compétences.

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