L'Ardèche veut son train. Le département est le seul de France qui n'est pas desservi par des liaisons régulières. L'ouverture de la ligne Nîmes / Pont-Saint-Esprit relance le débat vu qu'elle ne s'arrêtera au Teil que pour faire demi-tour sans prendre des voyageurs.
Depuis dix ans, Le collectif d'usagers se bat sans relâche pour la réouverture de la gare du Teil en Ardèche. Franck Pallier, porte-parole du comité des usagers des transports publics en Sud-Ardèche, admire les installations dont dispose la commune à travers les portes vitrées... condamnées. "On a une magnifique gare, de beaux guichets et on risque de ne pas pouvoir s'en servir. C'est insupportable !".
Depuis 1973, on a plus de trains en Ardèche. On est le seul département de France à ne pas avoir de trains.
Collectif d'usagers
Une situation ubuesque à parti de cet été
L'été prochain, la région Occitanie va rouvrir la ligne la ligne Nîmes / Pont-Saint-Esprit. Cette ligne sera poussée jusqu'au Teil pour permettre aux trains de faire demi-tour. Mais il n'est pas question, à l'heure actuelle, de faire de cet ultime arrêt une desserte pour les voyageurs.
La SNCF justifie cette décision par un problème de sécurité avec les arguments suivants : Les installations actuelles de la gare du Teil ne permettent pas d'accueillir des voyageurs en toute sécurité sur le site, en particulier en ce qui concerne la traversée des voies en gare.
Une dérogation en attendant les travaux
Seul l'établissement public de sécurité ferroviaire est habilité à accepter une dérogation pour permettre aux trains de faire un arrêt dans la gare du Teil. Une pratique finalisée pour de nombreuses gares en France qui ne présentent pas, elle non plus, les normes de sécurité requises. Cette autorisation se fait pour une période transitoire en attendant la réalisation des travaux nécessaires.
La situation est d'autant plus complexe que la gare du Teil est utilisée en cas de travaux sur l'autre rive du Rhône. Lors de ces épisodes, trains et TGV sont détournés et s'arrêtent au Teil. Un argument que reprend Olivier Peverelli, maire (PS) du Teil. "Cette gare fonctionne avec des voyageurs. Il y a 200 trains par an qui s'arrêtent à la gare du Teil, qui prennent des voyageurs ou qui en laissent descendre. Il y a un truc qu'on ne pige pas".
Le député de l'Ardèche, Hervé Saulignac, a exprimé, lui aussi, son ras-le-bol. Il a saisi la direction régionale de SNCF Réseau afin qu'elle demande cette dérogation en attendant la mise aux normes de la gare et se dit confiant tout en cultivant habillement l'art de la formule.
Les Ardéchois ne sont pas des vaches, Ils ne regardent pas passer les trains. Ils ont envie de monter dedans. Mon rôle c'est de les accompagner
Hervé Saulignac, député
Le financement existe
La Région Auvergne-Rhône-Alpes étudie le dossier depuis 2008. Elle s'est fait prendre de vitesse, pourrait-on dire, par son homologue du Sud-ouest qui a rouvert sa propre ligne sur la rive droite du Rhône.
En écho à cette réouverture, l'instance a voté fin janvier un budget de 500.000 euros pour que cette desserte bénéficie aussi à la gare du Teil. Une enveloppe de 12 millions d'euros a d'ores et déjà été votée pour la mise en conformité de la gare mais la chantier va prendre des années.
Las d'attendre, les usagers ardéchois ont lancé une pétition en ligne pour avoir le train cet été. Plus de 16.000 signatures ont déjà été recueillies.
Une fois les travaux lancés, la suite logique sera de prolonger la voie jusqu'à Romans desservant Bourg-Saint-Andéol, Viviers, Le Pouzin, la Voulte et Valence.