VIDEO. Portrait de Quentin Bonnetain, le nouveau champion du monde de kayak made in Pont-D'Arc en Ardèche

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Originaire de Pont-D'Arc en Ardèche, Quentin Bonnetain est le nouveau champion du monde de kayak. Sur ses terres natales, il revient sur son parcours.

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Quentin Bonnetain a le kayak dans le sang. Des muscles, de la modestie et de la passion surtout... Le champion du monde de kayak 2022 est originaire de Pont-D'Arc, en Ardèche. 

Un rhinocéros qui n'a pas peur de foncer 

"Depuis mes sept ans, je pratique le kayak ici, à Vallon-Pont-D’arc". Tels sont les premiers mots du champion du monde de kayak. Son bateau, c’est un petit peu comme ses jambes. "Mon père était entraîneur national de kayak. Depuis tout petit, je vois des champions passer à la maison. Depuis tout petit, je fais la descente des gorges de l'Ardèche", ajoute-t-il. 

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Quentin Bonnetain en kayak ©France TV

Il faut dire que le kayak fait un peu partie de l’ADN de l’Ardèche. Quentin a eu la chance de rencontrer des champions olympiques originaires du département. "J’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont fait rêver et qui m’ont donné envie de faire comme elles (…) On a eu des grands champions en Ardèche comme Benoît Técher, qui est champion olympique. Moi je me souviens, en 2004, je suis allé à Athènes pour le supporter. J’avais douze ans, je me suis dit que je voulais devenir un champion comme lui", explique le champion du monde, des étoiles encore plein les yeux.

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Quentin Bonnetain en kayak ©France TV

Malgré son titre de champion du monde, Quentin Bonnetain se livre en toute modestie sur son parcours. Etre un grand champion, c'est avoir des muscles ET un mental d'acier. Pour affronter des compétitions à très haute pression, Quentin Bonnetain a fait appel aux symboles. Il s'identifie volontiers à un rhinocéros qui n'a pas peur de foncer. "Les symboles sont importants. Le rhinocéros, c’est un symbole d’un animal féroce. Quand il part, rien ne l’arrête. C’est un dessin qui est super beau", s’enthousiasme-t-il.

Si le kayak n’est pas un sport professionnel, Quentin se considère volontiers comme un athlète professionnel. Et il peut, tant son entraînement est intense : "Je m’entraîne deux à trois fois par jour. Ça demande 25 heures d’entraînement. Il y a entre 15 et 18 séances. Il y a du kayak, de la muscu et de la course à pied", précise-t-il.

Le plaisir de naviguer

Plus qu’une performance, le kayak est avant tout une passion pour Quentin. Il essaie désormais de transmettre le plaisir de naviguer aux plus jeunes. L’été, entraîneur à ses heures perdues, il emmène des vacanciers découvrir l’Ardèche en kayak. "C’est quelque chose qui me plaît de transmettre notre territoire", confie le champion du monde. Le kayak fait en effet partie de la vitrine de l'Ardèche. 

Quentin Bonnetain a entraîné bien des vocations, comme celle de Luis, désormais entraîneur de kayak à Pont-D'Arc... 

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Luis, entraîneur de kayak, et Quentin Bonnetain ©France TV

Quelle recette miracle les entraîneurs transmettent-ils aux petits apprentis kayakistes?  "Quentin est un bon kayakiste parce qu’il y a une vision globale du sport. On ne fait pas que du kayak, on fait tous les autres sports en particulier les sports de pleine nature. On aime notre milieu. On aime la rivière mais on aime aussi aller en forêt faire plein de sports. C’est un sport compétitif mais pour durer dans la compétition, il faut continuer à prendre du plaisir", explique Luis, entraîneur de kayak au club de Pont-d'Arc. Etre kayakiste, c’est donc d’abord être en harmonie avec la nature. 

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Des enfants du club de Pont-D'Arc rencontrent Quentin Bonnetain ©France TV

La convivialité avant la compétition. Voilà le message que notre champion du monde tente de faire passer aux apprentis kayakistes. "Quand j’étais petit, quand je venais au kayak, c’était pour une chose : voir les copains", raconte-t-il aux enfants. Un champion du monde dans leur club… les élèves, qui terminent leur session de kayak, sont si émerveillés qu’ils peinent à sortir leurs bateaux de l’eau. Peut-être des futurs champions du monde, qui sait ?

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Des enfants du club de kayak de Pont-D'Arc discutent avec Quentin Bonnetain ©France TV

"Il n'y a presque plus d'eau"

Seule ombre au tableau : les rivières, qui s’amenuisent lentement mais sûrement à cause du réchauffement climatique. "En ce moment, il n’y a vraiment pas d’eau. C’est la première fois que je vois ces niveaux-là et que je navigue avec ces niveaux-là. Quand on a des bateaux en plastique, il n’y a pas de souci. Mais parfois, on est obligé de marcher à côté du bateau qui descend", déplore Quentin.

Une question, cruciale pour les kayakistes, se pose : pourra-t-on encore faire du kayak ? Si la situation n’est pas catastrophique en Ardèche, Quentin Bonnetain s’inquiète pour d’autres cours d’eau : "Je prends l’exemple de la Vézère en Corrèze. Avant, on pouvait naviguer une dizaine de fois par an. Aujourd’hui, on navigue une fois par an sur la rivière". La Vézère est symbolique pour Quentin : c’est là qu’il a remporté son titre de champion du monde.

"On peut toujours faire du kayak mais il y a de moins en moins d’eau. Il faut prendre en compte qu’il y a certaines périodes où il n’y a plus d’eau. Il faut commencer à se poser la question de savoir si on aura toujours de l’eau. Ici, l’activité touristique, c’est l’activité la plus importante. Mais l’eau, ça touche aussi l’eau potable, l’eau pour les agriculteurs… Il n’y a pas que du kayak", alerte le champion du monde, un peu inquiet.

Un champion comme on les aime, passionné et fier de ses racines ardéchoises...