Au programme vendredi 26 août : Viva Verdi !

Chaque jour, une personnalité liée au festival nous présente une œuvre qui est donnée dans la soirée à la Chaise-Dieu. Vendredi 26 août, Charlotte Ginot-Slacik, musicologue et conférencière, nous prépare à ce concert qui marie Verdi et Puccini.

Par Claude Fallas

Charlotte Ginot-Slacik, musicologue et conférencière, nous prépare au concert Viva Verdi ! qui marie Verdi et Puccini, à 21h à l'abbatiale de la Chaise-Dieu.


Quand on pense à la musique italienne de la fin du XIXe siècle, on pense souvent à l'opéra, que ce soit Tosca, La Traviata, pour prendre 2 des grands chef-d'oeuvres de Puccini et de Verdi, et ce qui est formidable dans ce concert ce soir, c'est qu'il nous permet de voir un autre visage de la musique italienne, c'est-à-dire la musique religieuse, alors que ce n'est pas forcément l'image qui nous vient en tête quand on pense à Verdi et à Puccini.

Ce qui est encore plus formidable dans ce concert, c'est qu'il permet d'entendre la diversité de la musique religieuse italienne. C'est une musique religieuse qui est très sensible à l'opéra, qui est très tournée vers la séduction, qui est extrêmement publique. Là, je pense à la messe de Puccini qui est une oeuvre de jeunesse. En plus, Puccini est fils et petit-fils de compositeur, donc la musique religieuse, j'ai envie de dire qu'il l'a bue quasiment au sein maternel. D'ailleurs, son oncle maternel était lui-même compositeur de musique religieuse ! Et donc, tout de suite, Puccini se tourne vers la musique religieuse.

On va aussi en entendre un autre aspect : ce sont les 4 pièces sacrées de Verdi qui sont le testament de Verdi, c'est-à-dire une oeuvre que Verdi compose quand il est au soir de sa vie. Sa femme chérie Giuseppina est morte, ses amis ne sont plus là... Il est à la fois très seul et c'est le plus grand compositeur vivant italien. On est dans les années 1890, c'est d'ores et déjà un géant, et Verdi s'affranchit complètement des ccodes de son époque et il fait une musique qui est absolument intemporelle, et ça c'est vraiment merveilleux ! 

Rapprocher ces 2 oeuvres, c'est à la fois une musique dans une temporalité disons post-romantique avec la messe de Puccini, c'est-à-dire une musique oèu la scène de l'opéra et l'autel de l'église se confondent. et en même temps, avec les 4 pièces sacrées de Verdi, on a une oeuvre incroyablement émouvante et qui est finalement la lettre d'adieu laissée par un vieil homme, par un compositeur qui a connu la gloire, l'engagement politique, la déception, l'amour... bref, qui a tout connu, et qui finalement livre une oeuvre, lui qui est assez peu croyant, sa dernière oeuvre est une oeuvre religieuse. C'est quand même magnifique de la part d'un compositeur qui se définissait lui-même comme quasiment athée !


Vendredi 26 août à 21h à l'abbatiale Saint-Robert à la Chaise-Dieu

Viva Verdi !

Keon-Woo Kim, ténor
Goyang Civic Choir
Busan Metropolitan Chorus
Orchestre National de Lorraine
Jacques Mercier, Direction

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