Benchelali de retour en France après son arrestation au Canada

Mourad Benchellali, un ancien détenu lyonnais de Guantanamo,  a été renvoyé en France après avoir été détenu deux jours au Canada.Obligé de revêtir une tenue orange et des chaînes comme lors de sa détention, le francais dit avoir été victime d'une stigmatisation.

© AFP
Mourad Benchellali a affirmé s'être vu imposer "une tenue orange": "C'était très choquant pour moi. Cela m'a replongé dans mon passé de Guantanamo", a-t-il dit lors d'un entretien accordé à Paris dans le cabinet de son avocat William Bourdon.Il avait été arrêté lundi soir à l'aéroport de Toronto où il était arrivé pour participer à une conférence sur la lutte contre la radicalisation des jeunes musulmans, combat qu'il mène en France et hors des frontières de son pays depuis plusieurs années.Ce Français de 33 ans avait été détenu de 2002 à 2005 dans le camp où les Américains ont incarcéré des personnes capturées dans la zone pakistano-afghane.

A l'aéroport, "un agent de la police de l'immigration", qui contrôle son passeport, lui demande s'il a "déjà été en prison", a raconté Mourad Benchellali. L'interrogatoire a duré toute la nuit, selon lui.Mourad Benchellali est ensuite conduit "dans une prison, pas dans un centre de rétention. Je vois des détenus en tenue orange. On me dit de la mettre. Je refuse, on m'oblige à la mettre", a-t-il expliqué.Il affirme que des chaînes lui sont imposées lors de ses déplacements. "Je me retrouve comme à Guantanamo, dans l'incertitude de l'avenir. Je ne sais pas ce qu'on me reproche, ni combien de temps cela va durer."

Mercredi, Mourad Benchellali est conduit de nouveau à l'aéroport où, après qu'on lui a annoncé qu'il va être reconduit en prison avant une nouvelle audience vendredi, son avocat lui annonce finalement qu'il peut être mis dans le premier avion pour la France."Mon avocat m'a dit que la pression médiatique était trop forte", a-t-il assuré.

"Les responsables publics européens devraient mettre fin à l'existence de fichiers non déclarés, partagés entre les pays, qui maintiennent la stigmatisation aux passages aux frontières", s'est indigné Me Bourdon. Une stigmatisation "insusceptible aujourd'hui, contre tous les principes, d'être critiquée ou annulée judiciairement", a relevé l'avocat
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