A Aurillac, des logements sociaux envahis par des punaises de lit

Des punaises de lit ont infesté des logements sociaux à Aurillac. Afin de lutter contre cette prolifération, le bailleur lance une campagne de communication pour sensibiliser les locataires. On vous explique les mesures qui sont prises pour en finir avec ce fléau.

Stress, insomnie ...voilà depuis quelques temps le quotidien que vivent des locataires de la cité de Canteloube à Aurillac. La cause, il faut la chercher en ouvrant bien l’œil. Quatre à cinq appartements sur les quarante que comptent ces logements HLM sont infestés par des punaises de lit.

Une prolifération rapide

Margaux Ladent, agent de médiation et chargée de développement social chez Cantal Habitat, le bailleur social à qui appartient la résidence, décrit cette invasion : « Les punaises de lit sont de petits insectes de 5 à 8 mm. Elles se logent principalement dans les lits, dans les plinthes. Elles viennent piquer les habitants la nuit pour se nourrir de leur sang. Elles prolifèrent très vite et s’installent dans les logements et dans des endroits où on ne peut pas toujours les voir à l’œil nu. Les gens ne se rendent pas forcément compte qu’ils sont infestés. Cela commence par les chambres et cela se propage dans le reste de l’appartement. Quand tout l’appartement est infesté, c’est là que c’est compliqué d’intervenir ».

Le rôle du réchauffement climatique

C’est la première fois que la bailleur social rencontre ce problème. Gilles Gimenez, directeur du Département Ingénierie Sociale chez Cantal Habitat, explique : « On n’a jamais été confrontés à ce genre de problématique. C’est lié au réchauffement climatique. Les punaises étaient plutôt cantonnées dans le sud de la France. Mais avec ce réchauffement climatique, on en a dans le Cantal. L’invasion a commencé au mois de juin, l’année dernière. On avait commencé à traiter mais dans la mesure où certains appartements sont très encombrés, cela a été plus ou moins compliqué. On a traité les appartements mais les gens ne nous laissent pas forcément rentrer à nouveau. On s’aperçoit qu’on a une invasion qui progresse. On veut agir vite pour éviter une propagation trop importante ».

"Cela crée aussi de l’isolement social"

Pour le bailleur social, il y a urgence à intervenir. L’invasion des punaises de lit n’est pas sans conséquences. « Cela crée de la tension et de la nervosité. Il faut savoir que les punaises de lit viennent piquer la nuit. On se réveille le matin avec des piqûres et cela démange. Psychologiquement parlant, ce n’est pas très agréable de se dire qu’on va se coucher dans un lit qui est infesté. Ce n’est pas du tout le signe de saleté et on essaie de lutter contre cette idée. Cela crée aussi de l’isolement social : les locataires n’osent pas inviter des gens chez eux » précise Margaux Ladent. Elle poursuit : « Il peut aussi y avoir un impact financier. Si une chambre est vraiment infestée, il faut tout changer : racheter un matelas, racheter un sommier. On est face à des populations qui n’ont pas forcément les moyens. Avant de devoir tout racheter, on essaie de les accompagner au maximum ».

Une opération de communication

Accompagner les locataires c’est tout l’objectif de la campagne de communication que lance le bailleur social. Gilles Gimenez précise : « On va d’abord faire de la prévention avec de l’information auprès des locataires. On va aussi mettre en place des ateliers pratiques pour expliquer comment on traite et pour les accompagner. On va mettre à leur disposition des nettoyeurs vapeur. L’année dernière, on avait déjà acheté un congélateur, pour accueillir la literie et les vêtements. En deux heures, les punaises de lit sont détruites. On a des habitants qui ont des situations parfois complexes. Si on ne désencombre par les appartements, c’est difficile. On ne peut pas faire le ménage chez les gens. Même si on va traiter avec des produits chimiques, cela sera inefficace ».

Des ateliers mis en place

La médiatrice insiste sur la nécessité de bien procéder avec méthode : « A partir du moment où un appartement est infesté, les punaises de lit peuvent se déplacer d’appartement en appartement. Avant de faire intervenir des entreprises qui vont gazer les logements, il y a une lutte physique qu’il faut faire, notamment avec les nettoyeurs vapeur, le congélateur. Il faut aussi nettoyer l’appartement de fond en comble. Plus l’appartement est encombré, plus les insectes sont susceptibles d’avoir des petites cachettes, plus cela va être compliqué de s’en débarrasser. On va mettre en place des ateliers pour expliquer le recours à des remèdes comme les huiles essentielles et la poudre de diatomée, qui permettent de se prémunir assez facilement, avec un moindre budget ».

Une entreprise qui intervient de façon "draconienne"

Gilles Gimenez souligne : « Dans la dernière phase, il y aura une entreprise qui intervient pour traiter le problème. Une fois qu’on aura terminé la phase d’information, elle pourra intervenir de façon draconienne. La structure utilisera un traitement chimique de fond. Pendant trois heures, elle gaze l’appartement et après, normalement c’est réglé ». L’entreprise interviendra cage par cage et logement par logement, ce qui nécessite une importante phase de préparation. Le directeur du Département Ingénierie Sociale insiste sur la transparence de sa structure : « On prend le taureau par les cornes. On communique et on ne cache rien du tout. Plus on va faire de la communication, plus on va pouvoir accompagner les gens ». Il rappelle que la punaise de lit, même si elle pique et qu’elle suce le sang, ne transmet aucune maladie. Pour plus d'informations sur la punaise de lit, vous pouvez consulter cet article du ministère de la Santé

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