Cantal : 12 heures et 37 minutes pour boucler les 105 kilomètres de l’Ultra Trail Puy Mary Aurillac

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Écrit par Cyrille Genet avec Laetitia Théodore

C’est l’épreuve phare de ce week-end dédié le 18 juin à la course à pied dans les monts du Cantal : l’Ultra Trail Puy Mary Aurillac propose une course de 105 kilomètres avec 5 500 mètres de dénivelé positif. Avec une invitée surprise pour l’édition 2022, la chaleur.

Et c’est Maxime Cazajous qui s’est imposé samedi 18 juin sur la plus longue des courses proposées par l’association TOM 15, l’UTPMA, long de 105 kilomètres. Une distance qu’il a parcourue en 12 heures et 37 minutes et 56 secondes. Le décompte est assez simple à faire, les coureurs se sont élancés de la place des Carmes à Aurillac à minuit très précisément, le vainqueur est arrivé un peu après midi samedi 18 juin. Les derniers ont jusqu’à dimanche à 2 heures 30 pour couper la ligne d’arrivée.

Le parcours conduisait les quelques 800 coureurs au col du Perthus, puis au Plomb du Cantal à 1 885 mètres, à la station du Lioran, au Puy Mary (1783 mètres) et au Pas de Peyrol pour ne citer que les plus grosses difficultés alors que cette année, la chaleur qui règne sur la France a rajouté du piment à la compétition : « Ce fut une course difficile, très belle. Je me suis régalé » a commenté le vainqueur Maxime Cazajous. « Je ne la connaissait pas du tout, la montagne était magnifique. J’avais un peu d’appréhension avec ces conditions météo qui allaient être difficiles mais on a eu de la chance les premiers, je pense, parce que la nuit a été, non pas fraiche, mais pas trop mauvaise. Il y avait du vent sur les sommets, donc j’ai vraiment souffert de la chaleur que les 2 ou 3 dernières heures. On m’avait dit : c’est roulant, pas trop technique, toi qui es des Pyrénées, tu vas trouver ça facile ! Non ce n’est pas facile car il y a plein de pièges sur les sentiers. Il y a des passages de vaches, il y a des trous, des cailloux qui dépassent, les pentes sont raides. Il y a 15 kilomètres d’approche roulante au début et à la fin, mais entre les 2 le dénivelé est condensé sur 70-75 kilomètres. Ça fait mal aux jambes ».

La chaleur, élément déterminant

Déjà avant le départ de la course, les athlètes se méfiaient de la chaleur annoncée : « On a beaucoup bu, de l’eau, un peu de sel » expliquait Jean-Louis Froidefond. « Et on verra bien si on arrive au bout. Ça sera la principale chose à gérer, la chaleur. Bien s’arroser régulièrement, se mouiller, boire. C’est pire que la pluie ». Son camarde de course Sylvain Lemaitre confirme bien : « La chaleur on s’y prépare, mais quand ça nous tombe dessus… Surtout, on va arriver au petit matin, vers 8 – 10 heures, c’est là que ça plombe. On est généralement à 30 % de nos capacités physiques normales par rapport à des températures classiques. Mais on va faire tout pour arriver au bout. Chacun a sa technique : certains vont gagner du temps au frais ce soir, puis par grosses chaleurs il faut savoir marcher pour récupérer et trouver le moment où on se sent mieux. Typiquement après un ravito (un ravitaillement, NDLR) où on est bien arrosé et hydraté, alors ça repart. C’est aussi tout dans le mental, ça fait partie du trail ».

Côté organisation, pas question de laisser aux coureurs la possibilité de prendre des risques. Pour Max Monmimous, secouriste qui fait équipe avec une infirmière à un point d’assistance : « Les consignes, c’est vraiment de persuader les coureurs d’arrêter quand il y a une faiblesse. Vu les conditions actuelles, on ne peut pas se permettre le moindre écart par rapport à leur santé pour le reste de la course. Il y a déjà eu deux abandons ici et ce n’est que le début. On est au 70e kilomètre, il y en a eu déjà au Lioran et il y en aura dans la vallée. Ça fait partie de la course ».

Un temps de 12 heures, 37 minutes et 56 secondes

« Je suis très satisfait » poursuit le vainqueur. «Je voulais partir très prudemment, ne pas mener car j’ai tendance à m’emballer, c’est mon tempérament et finalement je suis resté jusqu’au premier ravito avec les gars de tête et après, je suis parti… C’est vrai que ce n’est pas très raisonnable, il faudrait que j’apprenne à gérer. Sur le Mont Blanc ou la Diagonale des Fous c’est ce qui me fait défaut, partir à l’instinct et ne pas calculer. Ça marche mais des fois je me suis planté aussi ».

La première féminine est Sarah Vieuille en 15 heures et 9 minutes.

Une course de préparation

Pour Maxime Cazajous, c’est une victoire qui va compter : « Pendant 2 ans avec le Covid et en 2021 pour des raisons professionnelles je n’ai pas couru ; c’était vraiment la reprise cette année. J’y suis allé progressivement : 20, 40 km puis 70 aux Citadelles. Là 105 kilomètres, ça me permet de monter en volume et la prochaine grosse course ça sera le Mont Blanc et la diagonale des Fous sur 160 km aussi ».