INSOLITE. Le métier de Maurine : pédicure pour les vaches

Ce métier peu connu compte moins de 400 professionnels en France pour une trentaine de femmes : pédicure pour bovins. C'est le métier qu'a choisi d'exercer Maurine Casei. Elle a installé son entreprise près d'Aurillac. La jeune femme de 28 ans s'épanouit pleinement dans cette activité pour le moins originale.

C'est un métier rare, qu'elle est seule à exercer dans le Cantal : Maurine Casei est pédicure pour bovin. Elle a choisi cette profession par passion et a installé son entreprise à Tournemire il y a 3 ans : « Je suis pédicure bovin, pour les vaches et les taureaux. C’est un métier où on s’occupe de la santé des pieds de nos vaches. Il y en a extrêmement besoin. Que ce soit en stabulation ou en table attachées, les vaches ont toujours besoin de parage. Le but c’est vraiment de venir redonner le bon aplomb et le bon équilibre à la vache pour qu’elle puisse se déplacer facilement et ne pas souffrir de ses pieds. Dès qu’une vache souffre de ses pieds, on rentre vite dans un cercle vicieux. La vache se lève moins pour aller manger, si elle se lève moins, elle fabrique moins de lait pour nous donner leur lait ou pour nourrir leur veau. La vache, il faut la prendre dans son entièreté et les pieds, c’est vraiment sa base. Une vache qui a des soucis de pieds, c’est une vache qui souffre. »    

Un métier peu féminisé

En France, cette profession est quasi exclusivement masculine. Moins de 10% des pédicures bovin sont des femmes, mais cela n’a pas effrayé la jeune femme de 28 ans : « C’est une super aventure. J’aime mon métier, j’aime le milieu rural, je ne changerais pour rien au monde. L’humain est plus présent, il y a plus de contact, plus de solidarité… On est plus proches les uns des autres. Etre femme, il faut en faire une force. Il faut avoir une force de caractère et savoir ce que l’on veut. Ce n’est pas un obstacle d’être une femme, c’est un atout. Il y aura toujours des a priori, des hommes un peu machos qui pensent qu’une femme est moins forte, qu’elle va avoir des enfants et rester à la maison… il faut montrer aux gens qu’ils se trompent et qu’on sait aussi bien faire, voire même parfois mieux ! »

Seule ombre au tableau, les démarches administratives pour exercer ce métier peu connu peuvent parfois décourager : « Ça a été compliqué au niveau administratif car mon métier n’est pas forcément bien répertorié ou caractérisé. On ne savait pas trop dans quelle catégorie me mettre. Je passe maintenant le message aux nouveaux qui veulent s’installer. Je leur explique les procédures. Il faut s’accrocher, il faut être bien organisé, savoir où on doit aller, prendre les bons contacts et prendre le temps. On peut vite se retrouver découragé. Le milieu rural c’est très bien, le bouche-à-oreille fonctionne bien. »

"Elle a beaucoup de mérite, elle a fait sa place par rapport à son travail"

Dans la campagne cantalienne, le savoir-faire de Maurine est largement reconnu et respecté, 3 ans après la création de son entreprise. Romain Phialip emploie cette professionnelle pour prendre soin de ses bêtes et il est très satisfait de sa prestation : « Maurine est très soigneuse dans son métier, très professionnelle. On avait quelqu’un d’autre avant mais on s’aperçoit que ce n’était pas mieux fait qu’avec Maurine. Elle est plus calme, elle est posée, elle ne s’énerve pas, elle fait très bien son travail. Ce n’est pas un métier facile, c’est une vocation un peu spéciale de parer les animaux. Elle a beaucoup de mérite, elle a fait sa place par rapport à son travail. Elle travaille bien, c’est tout à son honneur. »

Maurine la passionnée a tout simplement trouvé sa place : « C’est un métier que j’ai choisi car j’ai toujours eu une attirance pour le monde agricole et particulièrement les vaches. Je voulais travailler avec les vaches mais pour leur bien-être. C’était mon but. »  Elle officie également dans le Lot, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire, l’Aveyron et la Corrèze.

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