Pas de prime COVID de 1500 € dans le Cantal : "Nos soignants ne sont pas moins méritants"

Les hôpitaux du Cantal ne font pas partie des établissements où les soignants bénéficieront de la prime maximale prévue par le gouvernement, soit 1 500 €. Le député (LR) du Cantal Vincent Descoeur a écrit mardi 2 juin au Ministre de la Santé pour dénoncer "une discrimination géographique".

Comme beaucoup d'autres hôpitaux, le centre hospitalier d'Aurillac a reçu des patients atteints de coronavirus COVID 19.
Comme beaucoup d'autres hôpitaux, le centre hospitalier d'Aurillac a reçu des patients atteints de coronavirus COVID 19. © Jérémie FULLERINGER / MAXPPP

Dans le Cantal, les personnels de santé qui ont pris en charge des patients atteins du coronavirus COVID 19 ne pourront pas bénéficier du montant maximal de la prime, qui représente 1 500 €. En effet, le décret publié par le gouvernement concernant cette prime stipule que cette somme sera versée aux soignants des 40 départements les plus touchés par le virus, mais aussi, par dérogation, aux soignants directement en contact avec des patients COVID 19. Cette dérogation concerne une liste d’établissements de santé, publiée dans le décret. Le centre hospitalier d’Aurillac ne figure pas sur cette liste.

Un courrier pour protester

Indigné par cette situation, le député du Cantal Vincent Descoeur (LR) a adressé un courrier au Ministre de la Santé Olivier Véran. « Dans le département du Cantal, les personnels de santé concernés ne pourront pas accéder à la prime de 1 500 € et devront se contenter d’une prime de 500 €. Pourtant, les personnels des hôpitaux cantaliens ont eux aussi participé à la lutte contre l’épidémie en adaptant leurs organisations et temps de travail, dans l’urgence et souvent avec des moyens limités. »

"Ils n’ont pas moins de mérite"

Le député voit dans cette disparité une « discrimination géographique » contre le centre hospitalier d’Aurillac : « C’est vrai que le virus a assez peu circulé dans le département, mais on a tout de même eu des cas et nos soignants ont été exposés tout comme ceux d’Ile-de-France. C’est le même métier. Nos soignants ont été aussi en contact avec des personnes porteuses, ils n’ont pas moins de mérite. C’est une discrimination géographique, et une lecture très technocratique du risque. Qu’on prenne des risques à Paris ou à Aurillac, c’est pareil. » Pour lui, les soignants du Cantal ont rendu le même service avec le même dévouement et doivent donc recevoir la même prime : « On a reçu des patients venus d’ailleurs, on était dans un dispositif de solidarité nationale. »

Des budgets insuffisants ?

Vincent Descoeur s’est également interrogé dans son courrier sur les budgets alloués aux hôpitaux dans le cadre de cette prime. Selon lui, des doutes subsistent sur le montant de ces budgets : « Il faut que l’Etat s’assure que les sommes correspondent aux besoins des hopitaux. Ils doivent pouvoir distribuer la prime sans avoir à puiser dans leur budget habituel, sinon cela va créer d’autres discriminations. Pour l’instant, il semblerait que les budgets alloués soient en deçà des montants nécessaires. » Le député affirme également être favorable au fait que des établissements d'autres départements puissent rejoindre les hôpitaux éligibles à la prime maximale.

Personnels d'EHPAD et aides à domicile

Vincent Descoeur a également sollicité le Ministère de la Santé concernant les personnels soignants en EHPAD ainsi que les aides à domicile : « Toutes ces personnes-là méritent elles aussi la reconnaissance. On imagine les conséquences si ce service était interrompu, en particulier dans le Cantal où nous avons un habitat isolé. » Vincent Descoeur affirme être en contact avec un membre du cabinet du Ministère, afin de faire valoir ses arguments. 

 

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