Retrouvez les réponses de Pierre Mathonier, maire d'Aurillac face aux internautes

Le maire d'Aurillac Pierre Mathonier a répondu aux questions des internautes. / © France 3 Auvergne
Le maire d'Aurillac Pierre Mathonier a répondu aux questions des internautes. / © France 3 Auvergne

Pierre Mathonier, maire d'Aurillac, a accepté de répondre en direct aux internautes sur notre page Facebook. Impôts, sécurité, urbanisme, éducation : voici ses réponses. 

Par FG


Impôts

"La ville d'Aurillac n'a pas augmenté les taux de la taxe d'habitation depuis 17 ans, on fait partie des rares villes moyennes qui ont pu maintenir ce cap. Peut-être aussi parce qu'historiquement les taux étaient élevés.

Du côté de l'impact de la suppression de la taxe d'habitation, 85 % des Aurillacois seront exonérés. Le manque à gagner sera remboursé par l'Etat donc il n'y aura aucune raison de reporter sur la taxe foncière les dégrèvements que nous obtiendrons. Notre engagement dans le contrat municipal passé en 2014, c'était de ne pas augmenter les taux de la taxe d'habitation et de la taxe foncière et nous avons l'intention de le tenir jusqu'en 2020."

Sécurité

"D'un point de vue statistique, Aurillac doit être la deuxième ville la plus sûre de France, mais il y a eu une évolution de notre société. Aujourd'hui, les réseaux sociaux et l’évolution des mœurs font que la tolérance sur ce sujet frôle le zéro. Il y a très peu d'incidents, mais dés qu'il y en a un à Aurillac, il prend une ampleur assez importante.

Depuis que je suis maire, ces sujets m'ont toujours préoccupé. Je reçois les personnes qui ont été victimes d'agressions. Je travaille avec le commissariat, avec les services de justice et il s'agit d'un vrai sujet. Il faut une tolérance zéro.

Il nous appartient, nous, élus, de répondre à ces questions qui sont réelles et de ne pas les laisser à des partis extrêmes qui font leur beurre sur les rumeurs. On a donc développé au sein de la ville un travail de prévention avec des médiateurs et demain avec les associations de terrain. On travaille aussi en lien très étroit avec la police nationale et la police municipale qui sera présente aux sorties de boîtes de nuit. On a mis en place des dispositifs de caméras qui nous permettent aujourd'hui de ne pas laisser des victimes dans l'incertitude ou dans l'anonymat.

Ce qui me surprend le plus à ce sujet, c'est la désinformation que l'on peut voir sur les réseaux sociaux. Parfois, certaines agressions sont montées en épingle avec des commentaires qui frisent l'accusation gratuite ou la simplification. Certains profèrent des "vérités" apparemment évidentes, accusent les migrants. Je tiens à dire que les dernières agressions sont l'oeuvre de "bons Cantaliens". Or, sur les réseaux sociaux, on a parlé d'autres populations, d'autres ethnies et à tort. Ces rumeurs et cette façon de véhiculer cette violence et de la porter sur la place publique avec de fausses informations, c'est franchement très inquiétant.

A propos des problèmes posés par quelques marginaux, c'est une difficulté récurrente dans les villes moyennes, et parfois à Aurillac. C'est un travail de fond qui n'a plus été fait depuis un certain nombre d'années sur les marginaux. Nous n'avons plus d'accueil de jour pour canaliser une population parfois un peu difficile qui s'installe à proximité des lieux où elle peut s'approvisionner en alcool et qui perturbe parfois la population. On va rouvrir un accueil de jour à titre préventif pour accompagner ces personnes et faire le travail que seuls des éducateurs sociaux peuvent faire de manière compétente. Ils vont suivre ces personnes, les accompagner et leur proposer des solutions. Il faut à la fois axer sur la prévention pour réduire la présence de ces marginaux et en même temps avoir un côté répressif. La consommation d'alcool est interdite sur la voie publique, les chiens doivent être tenus en laisse. On fait appliquer ces dispositions par la police municipale et par la police nationale."


Théâtre de rue

"Sur l'édition 2017 du théâtre de rue, on a fait un travail important dans un certain nombre de quartiers pour réduire les tensions qu'il peut y avoir avec les habitants. C'est vrai que la population d'Aurillac augmente de 30.000 habitants pendant le festival. On essaie de réguler le camping sauvage avec les moyens que l'on a. Sur les endroits un peu délicats, on a mis en place des équipes de médiateurs. Il ne faut pas hésiter à les solliciter. Ils travaillent à apaiser les situations et à faire comprendre aux festivaliers que le festival des arts de la rue, c'est une ville entière qui accueille des visiteurs comme des artistes, et il faut qu'on le fasse de façon respectueuse des habitants.

La deuxième action que nous avons menée, c'était un questionnaire envoyé avec Aurillac Infos qu'il ne faut pas hésiter à nous retourner. Il faut que les Aurillacois et les Aurillacoises utilisent ces questionnaires pour nous faire connaître les points sur lesquels ont peut faire un travail d'accompagnement et d'amélioration.

Pour nous, l'enjeu, c'est que ça se passe bien pour l'ensemble du territoire et des habitants. On ne fait pas un festival des arts de la rue contre la population, ça ne peut se faire qu'avec elle.

Education

L'éducation est vraiment une priorité de notre mandat. La semaine de 4 jours et demi, nous la vivons comme un plus. On a axé nos efforts sur les temps d'activité périscolaire, notamment en terme de qualité. On a souhaité la gratuité car c'est une façon de contribuer à l'égalité des chances et à l'épanouissement des enfants. Sur les temps d'activité péri-scolaires, on a plus de 70 % de taux de participation avec des enfants qui socialement n'auraient peut-être pas fait de poney, de théâtre ou de musique. On est donc très fiers de cette réalisation et nous souhaitons rester engagés dans cette démarche.

On est actuellement en travaux sur l'école Jean-Baptiste Rames pour plus d'un million d'euros avec un espace public numérique et une école qui va être réhabilitée.

Aurillac s'est aussi fortement investie dans les classes passerelle, des classes intermédiaires entre la crèche et l'école maternelle qui permettent aux enfants de passer le cap de l'intégration dans l'école maternelle de façon plus favorable. 

Jeunesse

Sur la jeunesse, la ville d'Aurillac reste très active. Malgré nos baisses de dotations, nous n'avons baissé aucune subvention aux associations, que ce soit les associations sportives, culturelle ou les centres sociaux.

Nous avons ouvert un espace jeunesse qui est très fréquenté et qui est ouvert du lundi au vendredi, tous les soirs et tout le mercredi après-midi pour que les jeunes puissent avoir un lieu de rencontre, de réunion. Il y a un espace numérique avec des jeux ,des activités et des médiateurs qui sont là pour les accompagner.

Nous travaillons au conseil participatif des jeunes qui est un des éléments où les jeunes peuvent exprimer leur perception de la politique culturelle de la ville et du travail que nous faisons sur les animations.

Plus généralement, je crois que sur le plan des activités sportives ou musicales, on essaie de mettre en place une programmation culturelle abordable. C'est l'objet du théâtre municipal, de ce qui se fait avec des associations comme "Love Me Tender" et tous nos partenaires.

Enseignement supérieur

Aurillac est fière d'accueillir sur son territoire 1.500 étudiants post-bac. Autant dire qu'une telle filière sur une ville de 26.000 habitants, ça a du poids.

Nous avons l'IUT mais aussi des BTS. Nous avons la filière biologie qui fonctionne très bien, une filière GEA qui fonctionne elle aussi très bien. Aujourd'hui, la réflexion que nous menons, c'est de nous battre pour avoir une troisième filière.  La troisième filière que nous souhaitions développer est celle de l'ingénierie des matériaux. Je ne sais pas si on l'obtiendra car on sent quelques réticences de l'université pour nous dédier cette formation. On évoluerait plutôt sur une formation numérique.

Il faut maintenir cette matière grise sur notre territoire et maintenir des offres professionnelles qui peuvent permettre d'orienter certains jeunes qui ne veulent pas quitter la région ou qui la découvrent avec plaisir et qui pourront éventuellement rester.

Développement touristique

Je suis convaincu que le tourisme est un axe fort de développement pour notre ville. Aurillac est une ville à la campagne, on a un cadre naturel privilégié qu'il convient de mettre en valeur. On a le site des vestiges Saint Géraud sur lequel il faut travailler à une mise en valeur. Si la mise en valeur est pertinente, ça peut devenir un outil de développement touristique. Ça peut intéresser des touristes qui s'intéressent à cette période, ou qui s'intéressent de manière générale à l'art médiéval.

La deuxième démarche, c'est de partir de ces vestiges pour développer la ville médiévale qui a du charme, qui présente des objets remarquables et qu'il convient de mettre en valeur. C'est un travail que nous poursuivons par le biais de la rénovation urbaine mais aussi par l'aménagement des rues anciennes et la valorisation du patrimoine en respectant le cadre de l'AVAP. Nous souhaitons inscrire la ville d'Aurillac dans le réseau des villes d'art et d'histoire parce que c'est un label qui correspond parfaitement à la richesse architecturale de la ville.   Il nous faut travailler ce cadre d'accueil car aujourd'hui, car quand un touriste vient à Aurillac, il va visiter le centre-ville médiéval. C'est une ville qui doit devenir un ville de charme.

Pour aller au delà de la "carte postale" du centre médiéval, nous menons une réflexion sur le projet Europan qui vise à mettre en valeur le foirail et le cours d'Angoulême. C'est une mise en valeur sur laquelle nous devons travailler. 33 équipes d’architectes ont participé à ce concours d'idées, elles ont "rêvé la ville". C'est un cadre directeur sur lequel nous souhaitons nous inscrire. Ça va être une orientation paysagère et programmatique qui va servir de structure à la réflexion. Si demain, sur les futures friches EDF, nous avons un projet économique, c'est certain qu'on l'inscrira dans la démarche Europan car il y a eu une réflexion sur le cours d'Angoulême qui se trouve devant, il y a une réflexion sur la Jordanne qu'il faut mettre en valeur, une réflexion sur la promenade du Gravier qui doit elle aussi trouver une vraie dimension.

Aurillac, c'est aussi une ville à la campagne, on assume nos paysages. Du centre-ville, vous pouvez voir des vaches sur les montagnes juste à côté. On est une ville qui s'insère dans un cadre naturel privilégié.

On a aussi une réflexion sur nos musées. Ils doivent mettre en valeur ce patrimoine naturel. On a un museum des volcans qui semble aujourd'hui un peu pauvre par rapport à Vulcania, mais on peut travailler d'une façon différente sur le développement durable et assumer ce cadre privilégié ... Un musée du développement durable aurait un sens particulier à Aurillac.

Nous avons aussi une production fromagère de qualité. On est au centre du Massif Central". Sur l'idée d'une "cité du fromage", proposée par un internaute, "je peux l'assurer que je réfléchis avec beaucoup de constance sur le sujet. Je rencontre dans un avenir proche des porteurs de projets qui s'inséreront dans cette démarche. Nous avons les AOP, l'INAO qui est à Aurillac ...  Sur un lieu aussi mythique que le cours d'Angoulême, il y aurait peut-être une réflexion à avoir sur une cité des fromages.

Stationnement

"On doit avoir le stationnement le moins cher de toutes les villes moyennes de la région Auvergne. On a une augmentation régulière qui suit le coût de l'inflation. Peut-être que le changement fait que les arrondis ne sont pas tout à fait exacts, en tout cas, il n'y a pas de volonté d'augmenter le coût du stationnement.

Par contre, dans les réunions publiques que j'ai pu mener, ce qui est surtout ressorti, c'est la saturation d'un certain nombre d'Aurillacois et d'Aurillacoises sur les stationnements intempestifs sur les trottoirs.

Cette problématique du stationnement nécessite une réflexion plus large. C'est vrai qu'en coeur de ville, la voiture doit céder le pas aux passants et aux modes doux de déplacement. C'est pour cela qu'on développe des parkings de périphérie adossés aux transports en commun, aux voies piétonnes et aux voies cyclables pour que la voiture ne soit pas hyper prégnantes. Ces parkings sont gratuits. Je pense au parking de la navette, au parking "Pompidou" qui est en train d'être fait ou à celui qu'il y aura bientôt au cimetière avec des consignes à vélo, des possibilités de recharger pour les vélos électriques etc."

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