Jardin : comment protéger votre potager des maladies liées aux pluies abondantes

En ce début d’été, les orages sont nombreux et, si un peu de pluie est bénéfique pour votre potager, un excès d'humidité peut aussi parfois provoquer des maladies chez certaines plantes. Un spécialiste explique comment prévenir le risque et limiter les dégâts.
Avec les fortes pluies du mois de juin, certaines plantes peuvent développer des maladies, comme le mildiou.
Avec les fortes pluies du mois de juin, certaines plantes peuvent développer des maladies, comme le mildiou. © Christian Watier/MAXPPP

De forts orages se sont abattus en cette fin juin un peu partout, laissant les cultures du potager détrempées. Or, les feuilles mouillées sont propices au développement de certaines maladies. Pour éviter que vos plantes ne tombent malade et limiter la casse, Didier Flipo, maraîcher bio dans le Cantal, donne ses astuces. Spécialiste de la permaculture, il tient une chaîne Youtube « Mon Potager Plaisir » où il délivre de nombreux conseils pour un jardin en pleine santé de manière naturelle. Il recommande d’abord de prêter une attention particulière aux solanacées lorsque le temps est à l’orage ou aux pluies abondantes : « Les tomates doivent être surveillées, avec la nuance du fait qu’elles sont encore jeunes en juin. Ce sont des plants encore vigoureux et moins sensibles au mildiou que les mêmes plants à l’automne qui commencent à être un peu vieux, moins résistants. Il n’y a pas besoin de se stresser autant qu’à l’automne », rassure Didier Flipo.

Protéger son potager des pluies abondantes

Malgré tout, il faut rester vigilant et faire en sorte de tenir ces cultures plus sensibles à l’abri de la pluie : « Pour les gens qui ont une serre c’est parfait, sinon ce n’est pas mal de planter quelques piquets et de mettre une bâche plastique par-dessus. Il faut faire attention que le toit de la bâche ne soit pas horizontal mais en pente sinon on se retrouve vite avec une grosse baignoire et les piquets ne tiennent pas longtemps », précise Didier Flipo. Il recommande de bâcher le dessus des cultures et de mettre une autre bâche du côté où vient le vent. « L’idée, c’est d’éviter que le feuillage ne soit mouillé. Le mildiou, ce sont des spores qu’on trouve un peu partout et si ces spores se retrouvent sur une feuille mouillée pendant plus de 5 ou 6 heures, ça va éclore et faire un champignon qui va se développer sur la feuille », avertit Didier Flipo. Même si la feuille sèche ensuite, le champignon continue à se développer. Si cela arrive plus fréquemment sur les plants déjà fragiles, il faut tout de même rester vigilant.

Attention aux astuces de grand-mère

Si les tomates sont les cultures les plus touchées, les pommes-de-terre peuvent aussi développer cette maladie. Et attention, certains remèdes de grand-mère ne sont pas toujours efficaces : « Je ne recommande pas la bouillie bordelaise. A long terme, ce n’est pas très bon pour la vie du sol, qui est très importante pour la bonne santé de la plante. C’est comme si nous, on détruisait tout notre microbiote intestinal. Une plante à qui ont détruit le microbiote racinaire sera plus faible et plus facilement malade. On met le doigt dans un cercle vicieux », indique Didier Flipo. De même, le purin d’ortie n’est pas recommandé selon lui : « Ce n’est pas un fongicide mais un stimulateur. Ca va stimuler ce que ça touche, dont le champignon. » Il conseille plutôt d’utiliser une macération huileuse d’ail. « Si on remarque l’attaque dès le début, ça peut la stopper », précise-t-il. Il donne la recette détaillée pour réaliser sa macération maison :

La recette maison de la macération huileuse d'ail de Didier Flipo

Il recommande également d’enlever les feuilles jaunies au bas de la plante : « Ce sont des feuilles dont la plante n’a plus vraiment besoin. La plante a déjà commencé à récupérer tout ce qui était intéressant et a plus ou moins abandonné ces feuilles. Elles sont donc moins résistantes. Ca n’impacte pas la plante de les enlever et en plus, c’est une porte d’entrée plus facile pour les champignons, car elles sont vieilles mais aussi parce qu’elles sont proches du sol. Avec la pluie on a des éclaboussures qui viennent du sol et qui font potentiellement rebondir des spores. » A long terme, il conseille d’avoir des plantes naturellement en bonne santé : « Le purin d’orties, là, c’est une bonne idée, mais en prévention, lorsque la plante n’est pas encore malade. C’est plus un traitement de fond qui va aider à renforcer les plantes et leur donner un système immunitaire plus fort. Soit on arrose au pied, soit on pulvérise sur le feuillage, en dehors des périodes humides et jamais sur une plante malade », rappelle Didier Flipo. Il donne la recette du purin d’orties sur sa chaîne. Un bon paillage est aussi l’allié du potager pour des plantes en bonne santé.

 

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