Quand la haute couture s’intéresse à la galoche du Cantal

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Écrit par S.B avec Laetitia Theodore

C'est l'accessoire tendance des défilés de mode des grands couturiers, cet été : le sabot. Hermès, Vuitton et d'autres le remettent à l'honneur. Un retour en grâce sur lequel aimerait surfer l'un des derniers artisans galochiers français, dont l'atelier est à Marcolès, dans le Cantal.

Eric Mas est l’un des derniers artisans galochiers français. Basé à Marcolès dans le Cantal, il assiste à un retour sur les podiums du sabot. Le nez rivé à son écran qui diffuse un défilé, il ne regarde pas les mannequins, mais bien leurs sabots. « Comme on l’avait prévu il y a à peu près 4 ans, on arrive dans la grande mode du sabot. Hermès, Vuitton font leurs propres produits. C’est une super publicité, s’ils pouvaient faire appel à nous pour les faire ce serait génial. On est très contents que des mannequins puissent rechausser et valoriser ce produit qui avait été complètement abandonné », se réjouit Eric Mas.

Une gamme de galoches chics

Amoureux transi de ce soulier simple et modeste, rustique à l'origine, Eric Mas vient lui aussi d'en lancer une gamme chic. « On a créé des sabots haut de gamme qui sont faits avec des peaux tannées dans le Cantal, teintées dans le Cantal façon zèbre, façon Aubrac, façon Salers. C’est une très belle peau qu’on travaille différemment d’un cuir traditionnel. On recherche une personnalité connue pour les mettre aux pieds et nous faire connaître un peu plus, ce serait génial. C’est un produit qui va, je pense, se voir dans toute la France » Comptez entre 90 et 250€ la paire, le prix à payer pour arborer un modèle fabriqué dans la plus pure tradition des artisans galochiers du Cantal.

Une augmentation des ventes

Eric Mas est fier de ses produits : « Notre gamme la plus connue, c’est la marron Salers, on a du noir mat, mais on a des demandes sur des modèles plus originaux. Maintenant, ça devient plus citadin. Les gens en veulent en ville, pour porter avec une petite robe ou un jean, c’est très tendance ! » Après avoir lancé sa gamme chic, l’artisan ne compte pas en rester là : « Prochainement, on va réaliser des galoches avec un aérographe qui va laisser libre cours à mon imagination. On aura des modèles uniques teintés à la main, il n’y en aura pas 2 paires pareilles. » L'année dernière, près de 2 500 paires ont été vendues, à la boutique ou sur Internet. Cela représente une augmentation fulgurante de 40% des ventes. La galoche du Cantal a décidément le vent en poupe.

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La galoche du Cantal s'invite dans les défilés