La Chaise-Dieu: cinquante nuances de musique classique

Publié le Mis à jour le
Écrit par Richard Beaune

Pour ses cinquante ans, le festival de musique classique de La Chaise-Dieu a choisi de célébrer son passé tout en se tournant résolument vers l'avenir. Entretien avec son jeune directeur, Julien Caron. 

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Deux concerts à la Cathédrale du Puy-en-Velay en prélude de ce cinquantième festival, pourquoi ce choix et comment ça a été possible?
On a effectivement commencé ce festival par un prélude à la cathédrale du Puy, c'est la première fois que le ferstival y pose ses valises et c'était l'occasion de faire une sorte de transition entre le Jubilé du Puy qui s'est achevé avec les grandes fêtes de l'Assomption et l'ouverture du festival qui se déroule aujourd'hui (18 Août 2016, ndlr) à La Chaise-Dieu. Alors l'idée de presenter une oeuvre emblématique de notre répertoire, les Vèpres à la vierge de Monteverdi devant la Vierge Noire de la Cathédrale du Puy, c'était une très belle idée et en plus le public a répondu présent, avec également une collaboration avec la maitrise du Puy, le Centre de musique sacrée, donc vraiment un projet fédérateur et en même temps une première du festival à la Cathédrale du Puy. 


Y a t-il une pression supplémentaire quand on réalise la programmation d'un cinquantenaire?
Bien sûr parce que les gens ont une très forte attente
puisqu'il y a à la fois ceux qui veulent revivre les grands moments qu'ils ont passé, pour certains depuis les origines, dans ce festival et il y a ceux qui le découvrent ou qui ne connaissent pas forcément son histoire, et qui ne veulent pas voir un festival replié sur le passé, donc il a fallu trouver un équilibre dans cette programmation entre la partie rétrospective, réinviter certains ensembles, rejouer certaines oeuvres qui sont vraiment des piliers de notre répertoire et en même temps montrer les nouveaux chemins qu'on veut parcourir, montrer que ce n'est pas 50 ans qui se referment mais que c'est déjà 50 autres années qui s'ouvrent, donc c'est pour ça que ce soir le concert d'ouverture reprend exactement le programme du 25 septembre 1966, l'acte fondateur du festival et dès demain, on est dans la modernité avec un programme de création à l'Abbatiale, l'après-midi, dirigé par Nicole Corti (Vêpres à la Vierge de Hersant, ndlr) donc vraiment les deux faces d'une même pièce pour montrer l'histoire et la modernité du festival.


Quelle image le festival veut donner par le biais de cette programmation?
Un festival généraliste au sens noble du terme, c'est-à-dire on ne fait pas de tout pour faire du tout mais on ne s'interdit rien. Le festival, on le rappelle avec le concert de ce soir, s'est construit sur la musique symphonique avant que la musiuqe sacrée n'y fasse sa grande entrée, donc on n'est pas un festival de musique religieuse, on est un festival qui est parti de l'orchestre, qui s'est tourné vers la musique française, la musique sacrée et aujourd'hui, avec tous les sites que nous investissons, fait de la musique de chambre, fait du Choeur a capella, donc on montre toute la diversité des répertoires et surtout c'est un festival qui fait le lien entre le patrimoine et la musique classique.

Julien Caron, sur vos épaules reposent les bases des cinquantes prochaines années du festival, ce n'est pas un peu dur à porter?
C'est vrai que c'est une responsabilité, il faut être à la hauteur de ce passé prestigieux et en même temps ne pas se sentir ecrasé par cette histoire, il faut montrer qu'on est ouvert, cette année par exemple on va ouvrir une place aux musiques sacrées du monde avec entre autres la Misa Criolla (mardi 23 Août 2016, Abbatiale Saint-Robert à la Chaise Dieu, 14h30, ndlr) une oeuvre qui mèle la musique de tradition occidentale et celle d'Amérique du sud, donc pour la première fois, on va ouvrir ce champ. On va aussi traîter de dialogue inter-religieux avec un beau programme sur les musiques orientales, bouddhistes, musulmanes et chrétiennes (Orient et Occident, Lundi 22 Août 2016 à 17h, Chapelle des Pénitents, La Chaise-Dieu, ndlr), Ce sont en quelques sortes des tests pour voir si le public réagit et c'est le moment de le faire pour voir si l'an prochain on peut aller plus loin dans ces nouvreaux axes.

Toute la programmation sur le site du festival.