Clermont-Ferrand : après 6 mois de fermeture, la colère des patrons de discothèques

Mercredi 23 septembre, une vingtaine de patrons de discothèques d’Auvergne se sont rassemblés devant la préfecture du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand. A l'arrêt depuis 6 mois à cause de l’épidémie de coronavirus, les professionnels de la nuit se sentent oubliés par le gouvernement.
 

Rassemblés devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand, mercredi 22 septembre, les patrons de discothèque veulent interpeller l'Etat.
Rassemblés devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand, mercredi 22 septembre, les patrons de discothèque veulent interpeller l'Etat. © Julien Teiller / FTV
Des tenues noires et des croix portées à bout de bras : tout un symbole, celui d’une profession menacée de disparition. Mercredi 23 septembre, ils étaient une vingtaine de patrons de discothèques d’Auvergne à se rassembler sur les marches de la préfecture du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand. Depuis la fermeture de leurs établissements, le 13 mars, en raison de l’épidémie de COVID 19, les professionnels de la nuit se sentent oubliés par le gouvernement.

Un rassemblement pour interpeller l'Etat

Parmi eux, Julien Beaufils dirige le Cap Club, à Aubière près de Clermont-Ferrand. Il ne décolère pas : « Ce rassemblement est là pour montrer à l’Etat qu’on est mobilisés et que l’on réclame ce qu’on nous avait promis en juillet, une aide de 15 000 euros maximum sur juin, juillet et août pour payer les loyers et les charges fixes. On veut que l’Etat tienne ses promesses et déclenche des aides pour que l’on puisse tenir jusqu’à la réouverture de nos établissements ». Depuis 6 mois, sa discothèque est fermée et ses 10 salariés sont au chômage partiel. Il évoque une grande détresse psychologique commune à toute la profession : « Il y a un gros malaise. Mettez-vous à notre place, nous sommes chefs d’entreprise et on nous interdit de travailler. Nous sommes dans l’angoisse de savoir si on pourra tenir jusqu’à la réouverture. On a des familles, des crédits, des loyers et on est tous dans le rouge. Nous n’avons aucune ressource, à part notre trésorerie ».

La menace de la fermeture de la moitié des discothèques

Selon Julien Beaufils, en France, sur 1 600 boîtes de nuit, 80 ont mis la clef sous la porte et 400 sont en dépôt de bilan. Il craint la disparition de la moitié des discothèques à terme. Pour les professionnels de la nuit, seule une réouverture rapide pourrait encore sauver les discothèques. Rodolphe Alliod est depuis 30 ans le responsable du Press Club, à Moulins dans l’Allier. Ses 21 salariés sont au chômage partiel depuis 6 mois. Il explique : « Ce qui est sûr et certain c’est que nous sommes le dernier commerce à ouvrir. Nous sommes oubliés par le gouvernement. Nous sommes très inquiets. Comment voulez-vous tenir ? Nos frais fixes tombent tous les mois. De mon côté, j’ai 14 000 euros à payer tous les mois et ça fait bientôt 7 mois que je me lève le matin et que je ne peux pas aller travailler ».

La concurrence des bars et restaurants

Il dénonce également les bars et les restaurants qui ont aménagé des pistes de danse : « Nous avons des normes drastiques en matière de sécurité. Pas eux. Les bars et les discothèques surfent sur la vague. Mais ils prennent notre travail. Il y a un manque d’équité ». Afin de pouvoir rouvrir sereinement, les patrons de discothèque ont proposé un protocole très stric. Julien Beaufils affirme : « Fin juin, on a été reçus au ministère de la Santé et on a mis en avant des arguments, comme le renouvellement de l’air toutes les 7 minutes dans nos établissements. On a proposé une baisse de la jauge de 30%, la suppression des pistes de danse et la création de box de 10 personnes maximum. Le port du masque sera obligatoire. On propose aussi le téléchargement obligatoire de l’application Stop COVID ». Après le rassemblement en préfecture, les patrons de discothèques espéraient pouvoir rencontrer le préfet du Puy-de-Dôme. En Auvergne, on compte actuellement une trentaine de boîtes de nuit.
 
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