Coronavirus - Deuxième tour des municipales le 28 juin : réactions à Clermont-Ferrand, Montluçon et Aurillac

Le 2ème tour des élections municipales aura lieu le 28 juin a annoncé vendredi 22 mai le Premier Ministre. Interrompue à cause de la crise du coronavirus et du confinement la campagne reprend à Clermont-Ferrand, Montluçon et Aurillac.
 
Le deuxième tour des élections municipales aura lieu le 28 juin 2020 dans plus de 200 communes en Auvergne.
Le deuxième tour des élections municipales aura lieu le 28 juin 2020 dans plus de 200 communes en Auvergne. © Sébastien Naissant - France 3 Auvergne
En fixant la date du 2ème tour des élections municipales au 28 juin 2020, le Premier Ministre Edouard Philippe a mis fin à une très longue période de suspension pendant laquelle la France a consacré toutes ses forces à lutter contre le coronavirus Covid 19.

"C’est lancé, on sera présent dans tous les cas. Le premier tour s’était arrêté de façon brutale ; depuis on a tous été occupés par le confinement ou le travail. On va reprendre les réunions de colistiers mais on ne pourra pas faire comme d’habitude, plus que jamais il faut porter des propositions politiques dans un contexte qui favorise les maires sortants avec qui on doit faire jeu égal" dit Marianne Maximi qui conduit la liste « Clermont en commun ».

Pour Frédéric Kott qui mène la liste divers gauche « Changeons la donne » à Montluçon dans l'Allier : "Je prends acte : en cohérence avec le conseil scientifique il faudra mener une campagne non-intrusive qui pourrait toujours être suspendue 15 jours avant. On peut considérer sur ces bases que c’est pertinent".

Pour Jean-Pierre Brenas (« Révéler Clermont ») : "A partir du moment où le feu vert nous est donné par le conseil scientifique, il faut terminer au plus vite cette séquence pour relancer l’économie locale".

"Je suis satisfait, c’est ce je souhaitais, qu’on termine cette séquence et qu’on puisse se mobiliser en septembre pour la gestion de nos collectivités. Il faut maintenant rassurer les habitants de nos villes, on fera tout pour que le deuxième tour se déroule dans d’excellentes conditions" indique Olivier Bianchi maire sortant de Clermont-Ferrand (liste d’union de la gauche « Naturellement Clermont »).

Une position très discordante est cependant portée par le collectif citoyen Cause Commune qui avait recueilli 6,31% des votes au premier tour à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme: il s’oppose catégoriquement à la tenue d’un second tour dès le mois de juin. Tout comme Joseph Roudillon (Montluçon ensemble liste ouverte) : "Nos concitoyens ont des soucis plus majeurs qu’une élection et d’autre part, la campagne sera soumise à des restrictions difficilement compatibles avec une vraie campagne".

Une campagne profondément modifiée

Le Premier Ministre et le Ministre de l’intérieur Christophe Castaner ont repris à leur compte une des préconisations majeures du conseil scientifique : il faudra conduire une campagne différente dans le respect des gestes barrières, avec la distanciation sociale et le port du masque si nécessaire.

"Ce sera une campagne dématérialisée, sans réunion ni meeting ni porte à porte, à nous d’être innovants" dit Olivier Bianchi. "La campagne va nous forcer à être imaginatifs, comme chacun l’a été d’ailleurs pendant le confinement avec le télétravail par exemple. On va être présents sur les réseaux sociaux et on ne s’interdit pas de l’être sur le terrain dans le respect des gestes barrières" dit Jean-Pierre Brenas.

"Finalement, ça ne va pas être tant différent que ce qu'on avait fait les 3 dernières semaines avant le 1er tour, on va poursuivre sur les réseaux sociaux, par écrit et les Facebook Live, on va dérouler tout ce qu'on avait prévu" dit Eric Faidy d'« Ensemble transformons Clermont », qui avait confiné sa campagne en présentiel avant la date officielle du confinement.

Pour Sylvie Sartirano (« Montluçon dès demain ») "Dans une élection à deux tours, l’intérêt c’est que les 2 tours soient rapprochés, qu’on soit sur une unité de discours politique et de programme or là 3 mois se seront passés, la crise s’est insérée. Une deuxième élection complète plus tard aurait été plus démocratique".

"Il y avait une façon de faire campagne avant le covid et il en aura une après"

C’est Pierre Mathonier qui conduit la liste « Unis pour Aurillac » qui le dit. "Les critères qui doivent nous interroger nous élus, ce sont les valeurs que l’on veut défendre : je pense à l’économique, la solidarité, le développement durable. Les programmes électoraux n’ont pas à être revus mais il y a des choses sur lesquelles il faudra mettre l’accent. Les citoyens attendent d’avoir des élus à leur écoute, c’est l’attente d’une politique de proximité et d'une confiance réciproque à restaurer, que l’on tire les enseignements de la crise actuelle".

"On va sans doute insister sur des points de notre programme qu’on avait moins mis en avant" répond en écho Jean-Antoine Moins conduisant la liste « Réinventons Aurillac » "par exemple le pouvoir d’achat, les circuits-courts, la proximité… En situation de peur comme actuellement, les gens ont besoin de présentiel".

Le résultat sera-t-il sincère ?

Après un premier tour avec des taux d’abstention particulièrement élevés, beaucoup redoutent toujours que la crise du coronavirus détourne les électeurs des urnes. Une faible participation conduirait à des conseils municipaux élus par une minorité de citoyens. Olivier Bianchi n’écarte pas l’argument mais il est affirmatif "Bien sûr le résultat sera sincère. L’abstention dépend des gens ! Ils vont bien faire leurs courses ou vont partir en vacances, ils peuvent bien passer 4-5 minutes dans un bureau de vote. Comment se fait-il qu’on soit obligés de s’interroger sur la nécessité d’aller voter ? Ça interroge aussi le politique car c’est un des fondamentaux de la démocratie"

"Pendant la guerre on a voté, on ne peut pas mettre la démocratie entre parenthèses" complète Eric Faidy.
 
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