Coronavirus et tourisme : un secteur en détresse dans le département de la Drôme

"Du 15 juillet au 15 août, je suis complet, mais je ne sais pas si mes clients viendront." Jean-Paul Goy se retrouve devant un sacré paradoxe. Propriétaire d’un camping dans la Drôme, les quatre semaines de sa haute saison sont réservées presque exclusivement par une clientèle étrangère, Belge, Hollandaise, Allemande. / © RAYMOND ROIG / AFP
"Du 15 juillet au 15 août, je suis complet, mais je ne sais pas si mes clients viendront." Jean-Paul Goy se retrouve devant un sacré paradoxe. Propriétaire d’un camping dans la Drôme, les quatre semaines de sa haute saison sont réservées presque exclusivement par une clientèle étrangère, Belge, Hollandaise, Allemande. / © RAYMOND ROIG / AFP

Les professionnels du tourisme de la Drôme sont en souffrance. Habituellement en haute saison, deux tiers de la clientèle est étrangère. Mais cette année, crise sanitaire oblige, les touristes étrangers ne seront certainement pas au rendez-vous. Le secteur anticipe une saison noire.

Par Hugo Chapelon

Les professionnels du tourisme du département de la Drôme sont inquiets parce qu'ils sont fortement impactés par la crise sanitaire liée au Covid 19.

En temps "normal" en haute saison, deux tiers de la clientèle qui se rend dans le département de la Drôme, est étrangère. Mais Belges, Hollandais ou Allemands pourraient ne pas venir cet été 2020, alors les professionnels du tourisme anticipent une saison noire.


"Du 15 juillet au 15 août, je suis complet, mais je ne sais pas si mes clients viendront." Jean-Paul Goy se retrouve devant un sacré paradoxe. Propriétaire d’un camping dans la Drôme, les quatre semaines de sa haute saison sont réservées presque exclusivement par une clientèle étrangère, Belge, Hollandaise, Allemande.

"Je ne sais pas encore si ces touristes pourront franchir la frontière. Mais en même temps je reçois des demandes de réservation de France que je ne peux pas honorer." Jean-Paul Goy, président de la fédération départementale d’hôtellerie de plein air de la Drôme, sait que la crise sanitaire aura un fort impact sur le secteur cette année.

En été dans la Drôme, deux tiers des campeurs sont étrangers, alors pourrait-on compter sur une clientèle de proximité pour sauver la saison? "Tout dépend de la levée des restrictions de circulation et des dates de réouverture des structures. Mais une clientèle locale ne pourra jamais absorber les possibles pertes d’une clientèle étrangère."
 

"Le tourisme local, moi j’y crois!"


Sous l’immense serre chauffée de la ferme aux crocodiles, Samuel Martin, son directeur, se veut plus optimiste. Avec 268 000 visiteurs l’an dernier, le zoo reptilien est le premier site visité dans le département de la Drôme. Et sa situation pourrait jouer en sa faveur.
 

Nous sommes à 1h30 de voiture de Lyon, Grenoble, Montpellier ou encore Marseille. C’est un bassin de population de 6 millions de personnes. Alors si les touristes décident de resserrer leurs déplacements cet été, on pourrait limiter une baisse de fréquentation - Samuel Martin, son directeur de la ferme aux crocodiles.


Le calendrier de réouverture des structures touristiques n’est pas encore connu. Mais une chose est sûre, le secteur sera fortement impacté et il faudra plusieurs années avant de retrouver les chiffres d’avant la crise (ou de 2019). 

Le département de la Drôme est au 37ème rang des départements pour les séjours des touristes français.
Il représente 429 millions d’euros de consommation touristique et 7 300 emplois salariés permanents.
 

3 questions à Lionel Flasseur, Directeur Général d’Auvergne-Rhône-Alpes tourisme


Quel est à ce jour l’impact économique de la crise sanitaire dans la région ?

Nous avons fait nos calculs, du 15 mars au 11 mai, nous allons perdre 2 milliards d’euros de PIB touristique. Si on prolonge jusqu’à la mi-juin, ce seront 500 millions d’euros supplémentaires qui s’envoleront. C’est 10 % de notre chiffre annuel alors que la saison touristique n’a pas réellement débuté. Les pertes sont dors et déjà importantes. 

Les départements d’Auvergne Rhône-Alpes sont-ils tous impactés de la manière ? 

Difficile à dire pour le moment. Des secteurs qui accueillent beaucoup d’étrangers comme le tourisme métropolitain ou encore le sud de la région seront plus en difficulté. En revanche nous avons la chance d’avoir une clientèle intra régionale forte, elle représente 27 % de notre chiffre d’affaire. On se dit que le tourisme local pourrait amortir la chute. Enfin, nous avons la chance d’avoir de grands espace, 60 % de la région est constituée de montagnes, ce serait un atout dans cette période plutôt que pour les zones côtières beaucoup plus denses en touristes. Encore faut-il que les déplacements soient autorisés à plus de 100 km.

Quand espérez-vous un retour à la normale ?

Tout dépendra de l’avancée sur un vaccin ou un traitement contre le Covid. Les choses évoluent tous les jours. Nous avons lancé un plan de promotion de 5 millions d’euros sur la Région étalé sur 18 mois. La reprise ne se fera pas d’un coup de baguette magique du jour au lendemain. Nous regardons l’horizon 2021 pour une reprise progressive du tourisme en AURA. Mais, encore une fois, tout va dépendre des progrès de la science contre cette pandémie.  
 

Le tourisme dans la Drôme en chiffres

 

  • 175 hôtels classés et non classés
  • 173 campings classés et non classés dont
  • 6 parcs résidentiels de loisirs
  • 25 campings à la ferme
  • 25 aires naturelles de camping
  • 1195 meublés classés, dont 727 labellisés Gîtes de France et 110 labellisés Clévacances
  • 238 chambres d’Hôtes labellisées  dont 82 labellisées Gîtes de France, 7 labellisées Clévacances et 134 agréées OTSI
  • 7 résidences de tourisme
  • 54 hébergements collectifs
  • 42 gîtes d’étape /séjour

 

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