Drôme : la mort d'un nourrisson jugée à Valence 23 ans après les faits

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Écrit par D.Mazzola (avec AFP)
Palais de justice de Valence (Drôme) : en 1998, une fillette âgée de deux mois et demi, est morte dans un hôpital portugais où elle avait été admise dans le coma suite à un traumatisme crânien. Son père est jugé à partir du 8 février 2021 devant les assises de la Drôme, 23 ans après les faits.
Palais de justice de Valence (Drôme) : en 1998, une fillette âgée de deux mois et demi, est morte dans un hôpital portugais où elle avait été admise dans le coma suite à un traumatisme crânien. Son père est jugé à partir du 8 février 2021 devant les assises de la Drôme, 23 ans après les faits. © MAXPPP

Le procès d'un habitant d'Étoile-sur-Rhône se déroule 23 ans après les faits. L'homme est accusé de violences ayant entraîné la mort de sa fillette. Les faits se sont déroulés sous les yeux de la mère en mars 1998. L'audience a débuté devant la cour d'assises de la Drôme ce lundi 8 février 2021.

Les faits vieux de 23 ans se sont déroulés à une centaine de kilomètres au Nord de Porto en mars 1998.  Ils sont jugés à Valence, devant la cour d'assises de la Drôme, alors qu'ils se sont déroulés à l'étranger. 

La petite Andrea-Marie Siette, âgée de deux mois et demi, est décédée dans un hôpital portugais où elle avait été admise dans le coma suite à un traumatisme crânien. Le rapport clinique faisait également part d'une hypothermie et de brûlures à l'abdomen. La procédure judiciaire s'enclenche en France dès 1999 car c'est là que résidaient la mère biologique, Carla Ventura, et son compagnon, Cyril Siette. Ce dernier n'avait que 20 ans au moment des faits. Il n'est pas le père biologique de la petite Andréa-Marie, mais il l'avait reconnue à sa naissance.

Lenteurs de la justice

De 2001 à 2003, le dossier est passé entre les mains des parquets d'Evry, Pontoise, Bobigny et de nouveau Pontoise, en fonction de la domiciliation des parents. Des transferts qui ont pu ralentir la procédure. "Mais au final, on ne sait pas ce qui s'est passé", concède l'avocate de Mme Ventura, Laure-Alice Bouvier. "La responsabilité de l'Etat pourrait être mise en cause mais cela ne servira pas vraiment le fond de l'affaire et c'est ce qu'on traite", ajoute-t-elle.

Les deux parents, désormais séparés, ont été entendus en garde à vue en 2003. Le père avait expliqué alors que l'enfant, laissé sans surveillance, était tombé du canapé. La mère, de son côté, avait accusé son ex-compagnon d'avoir secoué le nourrisson avant de le jeter sur le canapé puis de lui avoir donné un coup de pied qui l'aurait projeté contre un mur. 

30 ans de réclusion encourus

Aucune suite n'a été donnée jusqu'à ce qu'en 2012, Carla Ventura écrive au parquet de Paris pour demander que les faits ne restent pas impunis. Mais une information judiciaire n'a été ouverte contre Cyril Siette qu'en novembre 2017. Résidant alors à Etoile-sur-Rhône, dans la Drôme, il est mis en examen cette même année. 

Le procès a débuté ce lundi 8 février 2021 devant les assises de la Drôme, à Valence. L'homme encourt 30 ans de réclusion pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Me Bouvier estime que sa cliente était au moment des faits sous emprise, "victime de violences psychologiques, économiques, physiques et sexuelles". 

Constituée partie civile, Carla Ventura avait uniquement porté plainte en 1999 pour les violences exercées sur sa fille. Me Vincent Bard, avocat de la défense, n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP. 

Le procès doit durer trois jours, le verdict est attendu mercredi 10 février.

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