Valence : surenchère de violence avec armes entre quartiers "Il va y avoir des morts !"

Depuis plusieurs semaines les affrontements entre les quartiers du Plan/la Zup et Fontbarlettes à Valence sont quasi quotidiens. Un cap a été franchi avec la diffusion d'une vidéo par une riveraine où plusieurs groupes s'affrontent avec des armes à feu. 

Une vidéo d'affrontements avec armes à feu dans le quartier Fontbarlette de Valence a été largement relayée par les réseaux sociaux et les médias. L'effet recherché par ces jeunes ?
Une vidéo d'affrontements avec armes à feu dans le quartier Fontbarlette de Valence a été largement relayée par les réseaux sociaux et les médias. L'effet recherché par ces jeunes ? © Extrait vidéo Youtube

La vidéo a été tournée dans la nuit de vendredi 30 avril à samedi 1er mai. On y voit des groupes d'individus habillés en noir se réfugier derrière des voitures, armes à la main. Filmées depuis le deuxième étage d'un immeuble du quartier Fontbarlettes à Valence, ces images attestent du climat de violence entre adolescents avec le quartier voisin du Plan surnommé la Zup. 

D'après le Procureur de la République de Valence, des douilles d'armes offensives de calibre 9 mm ont été retrouvées sur les lieux. Personne n'a été mis en garde à vue ni blessé gravement ce soir là et le pire a heureusement été évité puisqu'une balle s'est même retrouvée dans un appartement.

Deux jours après les faits les tensions reprennent malgré les déploiements de CRS. Selon certains témoins sur place, une voiture est arrivée avec deux passagers armés de barre de fer à bord. Sur une vidéo tournée le 2 mai 2021 on distingue un déploiement de pompiers et de forces de l'ordre presqu'au même endroit que la fusillade deux jours avant. "Il va y avoir des morts" prévient lun témoin qui appelle au calme. 

Guerre de territoires 

D'après un syndicaliste policier qui ne souhaite pas être cité, ces heurts avec ou sans armes sont récurrents depuis près de trois ans sans accalmie. Des faits que constatent également plusieurs habitants et membres d'associations joints par téléphone. L'un d'entre eux, la quarantaine, engagé pour la solidarité locale est dépité. "Il n' ya rien à faire" déplore -t-il, tout en affirmant qu'il n' y a pas le choix. "Il va falloir retourner les voir, leur parler, mais ils ne veulent rien entendre." Eux, ce sont de jeunes garçons de 15/16 ans, totalement habités par une fierté de territoire jusqu'à l'absurde, jusqu'au pire parfois. 

Deux jeunes dans un coffre de voiture 

"Pas plus tard qu'hier des vidéos ont circulé. J'ai eu les larmes aux yeux. Ils ont mis deux jeunes dans un coffre de voiture et les ont emmenés à la campagne pour les tabasser. Ils les suppliaient d'arrêter." Plusieurs "anciens" ont déjà prévu d'aller tenter d'apaiser la situation. "Mais il n'écoutent plus les parents, ni les grands frères. Ce qu'ils écoutent c'est Instagram, Snapchat et Tiktok. C'est à qui fera le plus de vues. " La discussion sonne comme un aveu d'échec des autorités, des institutions, des familles... "Ces jeunes là, n'ont plus foi en rien, leur foi c'est faire le buzz!" 

Où sont les armes ? 

Parmi les causes de ces montées de violence, la présence d'armes à feu entre les mains de jeunes adultes constitue un des plus grand risques. La fameuse vidéo d'échanges de tirs qui a alerté les autorités montre des jeunes inexpérimentés, tirer dans des directions approximatives et se réfugier derrière des voitures sur un parking. "Il ont voulu faire les Cow boys" commente un acteur assocciatif. La priorité, beaucoup d'habitants s'accordent à le dire, c'est de retirer ces armes de la circulation. "Il y a des placards dans les cages d'escaliers, la plupart ne les gardent pas chez eux, ces armes peuvent aussi être dans les caves, dans les garages. Et la police doit les retrouver et nous en débarrasser." conclut-il. 

Le cri de colère du maire de Valence 

Le maire de Valence, Nicolas Daragon, dénonce un "Etat d'urgence absolue". "Je veux pousser aujourd’hui un véritable cri de colère envers l’État central (...) dont je rappelle que la sécurité de nos concitoyens (donc le maintien de l’ordre) est l’une des premières missions. Cette responsabilité, l’État ne peut l’exercer à coup d’effets d’annonces ou par la mobilisation ponctuelle d’effectifs supplémentaires pour calmer des violences urbaines" a-t-il déclaré dans un communqué envoyé à la presse samedi 1er mai 2021. Au lendemain de la fusillade filmée et relayée sur les réseaux sociaux, une opération de police a abouti à l'interpellation de cinq personnes dans le cadre d'opérations de contrôles visant le non respect des mesures sanitaires et des ports d'armes par destination (tournevis, bâtons) selon la Préfecture de la Drôme. 

 

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