Grâce à un stock de vaccins, la France peut freiner l'épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO) détectée en Ardèche et en Auvergne. Une vaccination qui permettra de préserver les exportations au moins jusqu'à la fin de l'hiver.
Alors que la FCO vient de ressurgir dans l'Allier, frappant aussi le Puy-de-Dôme, la Creuse et l'Ardèche, un stock de vaccins invendus datant de la précédente épizootie a permis au ministère de l'Agriculture de lancer en quelques jours une campagne nationale de vaccination ciblée sur les animaux destinés à l'export.
Sitôt le premier cas confirmé, le 11 septembre, un rapide sondage des cinq fabricants de vaccins autorisés sur le marché français a permis de préempter 1,3 million de doses auprès de Merial (groupe Sanofi), auxquelles s'ajouteront mi-octobre 900.000 doses qui doivent encore être étiquetées, a indiqué le ministère.
La France pourra ainsi immuniser quelque 450.000 bovins, ovins et caprins vendus pour l'engraissement ou la reproduction, principalement à l'Italie et à l'Espagne, mais aussi à la Turquie, la Tunisie et l'Algérie.
Le laboratoire basé à Lyon confirme maintenir "un stock minimum de vaccins" dans le cadre de "sa mission et sa responsabilité de santé publique vétérinaire", afin de fournir "une réponse vaccinale très rapide pour contenir un éventuel foyer" en France comme ailleurs en Europe.
Son concurrent MSD Santé Animale, dont le vaccin anti-FCO est produit en Allemagne, reconnaît pourtant ne disposer d'aucun stock.
Les lots conservés par Merial résultent en fait d'une "décision heureuse" du laboratoire, qui avait surestimé la demande en 2011-2012 alors que la vaccination n'était plus obligatoire, mais qui "a formulé ces vaccins au lieu de les détruire", prolongeant ainsi leur durée de conservation, explique Jean-Louis Hunault, président du Syndicat de l'industrie du médicament et réactif vétérinaires (SIMV).
Si la France décidait d'une nouvelle campagne de vaccination massive, MSD comme Merial signalent qu'un délai de fabrication de 4 à 6 mois est à prévoir.
Le temps est donc compté, alors que le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, prévoit de "préparer d'ici la fin de l'année le retour des animaux à l'herbe", qui s'effectuera au printemps.