Haute-Loire : des milliers de petits saumons lâchés dans le Haut-Allier pour repeupler la rivière

Plusieurs milliers d’alevins de saumons ont été lâchés jeudi 4 juin dans les eaux du Haut-Allier à la limite entre la Haute-Loire et la Lozère. Une opération renouvelée chaque année depuis 20 ans pour éviter de voir disparaitre les poissons sauvages.

Les alevins sont placés dans des sacs en plastique gonflés à l'oxygène puis transportés en canoë jusqu'au lieu du lâcher.
Les alevins sont placés dans des sacs en plastique gonflés à l'oxygène puis transportés en canoë jusqu'au lieu du lâcher. © Gérard Rivollier - France 3 Auvergne

C'est le grand jour pour ces petits poissons à Châpeauroux en Lozère, là où la rivière Allier entre en Haute-Loire ! Nés il y a trois mois en captivité, au Conservatoire du saumon sauvage, ils vont être lâchés au fil de l'eau. Pêcheurs, défenseurs du saumon et pratiquants de sports d'eaux vives se sont donné rendez-vous pour cette opération délicate. Tôt le matin, Jocelyn Rancon, technicien au Conservatoire National du Saumon Sauvage présente le déroulement de la journée : "On est en train de charger les alevins pour les déverser ensuite en canoë. Pour pouvoir les garder un peu plus longtemps dans les sacs, on les gonfle avec de l’oxygène, on pourra ainsi garder les alevins 5 ou 6 heures ; dans chaque sac il y a à peu près 1000 alevins. Et ensuite ils seront répartis sur les graviers, là où vivent les poissons tout au long de la rivière".

Pour déverser les bébés saumons aux bons endroits, une seule solution : le canoë. Depuis l'an dernier, l'alevinage a lieu sur le haut de la rivière, en amont du barrage de Poutès, car EDF a revu sa production électrique pour moins pénaliser le poisson lorsqu'il prendra le chemin de l'océan. "C’est là où nos poissons ont le plus de chances de survie puisque ces petits poissons ont entre 70% et 80% de taux de survie, justement parce que l’eau est plus fraiche, de meilleure qualité et qu’ils y ont moins de prédateurs. On a espoir qu’ils puissent grandir un petit peu et qu’ils puissent commencer leur descente vers l’océan l’année prochaine ou dans deux ans" explique Lionel Martin, le président de la Fédération de pêche de Haute-Loire.

Au total cette année, 470 000 petits alevins vont être ainsi déversés dans l'Allier, entre Châpeauroux en Lozère et Brioude en Haute-Loire pour tenter de repeupler la rivière. Mais une infime partie seulement  reviendra pour se reproduire ici après un aller-retour jusqu'au nord de l'Atlantique. "Nos saumons, ce ne sont pas des super-héros, c’est comme ceux qui sont dans le milieu, ils font face aux mêmes problèmes environnementaux, aux mêmes prédateurs, aux mêmes problèmes de réchauffement climatique, de température, de pollution. Donc ils vont avoir les mêmes travers, il va y en avoir beaucoup qui vont disparaître mais ceux que l’on rajoute permettent à l’espèce de se maintenir et à chaque génération d’obtenir une génération suivante quasi-équivalente" complète Céline Bérard, directrice du Conservatoire National du Saumon Sauvage.

Pour le saumon de l'Allier, rien n'est encore gagné. Mais sans ces efforts de repeuplement, la situation serait certainement encore pire.

 

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