En Haute-Loire, le covoiturage fait des émules : "C’est quand même plus sympa. Le trajet passe beaucoup plus vite"

Le covoiturage est un élément facteur de lutte contre le réchauffement climatique. Il se pratique à la ville comme à la campagne mais dans les territoires ruraux, comme en Haute-Loire, les trajets réguliers pour aller au travail et sur de longues distances sont plus difficiles à organiser.

A Montfaucon-en-Velay, en Haute-Loire, Faustine et Lucie se retrouvent quatre jours par semaine à 7 heures du matin. Elles partagent leur trajet de 120 km aller-retour pour aller au travail à Saint-Etienne. Les deux femmes ont pris contact grâce à une plateforme de covoiturage. Elles sont connectées aussi à des groupes locaux sur les réseaux sociaux. Lucie Treveys, adepte du covoiturage, explique : « En Haute-Loire, les gens ne covoiturent pas beaucoup. Les gens aiment bien prendre leur voiture. Les distances sont souvent un petit peu plus courtes pour aller au travail. Là, 45 minutes de route, c’est intéressant de les faire à plusieurs ». Il y a le gain financier, un à deux pleins d'essence économisés, mais pas seulement. Lucie Treveys poursuit : « C’est quand même plus sympa. Le trajet passe beaucoup plus vite. C’est aussi un trajet fatigant, de faire tous les jours 45 minutes de route ».

Un groupe Facebook

Théophile a créé en 2020 un groupe Facebook Haute-Loire de covoiturage, un groupe où un millier de personnes échangent des trajets, petites et grandes distances : une initiative militante pour faire bouger les lignes du tout voiture et du chacun pour soi. Théophile Cloez, militant du partage, souligne : « Qu’il s’agisse de se financer l’essence ou de covoiturer plusieurs fois ensemble, pour créer après une routine et perdurer dans le temps, on peut se dire qu’on peut aller jusqu’à mutualiser des véhicules, pour pourvoir être encore plus serein économiquement parlant. C’est d’autant plus parlant dans une région très large comme la nôtre avec très peu de grandes villes ».

Des débuts difficiles

Mais il n’est pas facile de mettre en place un échange durable. Théophile Cloez ajoute : « C’était très difficile au début et là ça commence. Il a fallu bien deux ans pour que ça commence à bien monter et pour que les personnes commencent à connaître les autres, sachent leur parcours pour le travail ou les loisirs. C’est cet aspect-là qui fait que cela fonctionne maintenant. On commence à se connaître ». En Haute-Loire, difficile de quantifier la pratique du partage de voiture. Elle s'est pourtant organisée ces dix dernières années notamment autour de nombreuses aires de covoiturage, près des villes : des aires qui ne sont jamais vides.

Propos recueillis par Elodie Brot-Monnier / France 3 Auvergne