"Attaques de buse agressive en cours" : un rapace s'en prend aux promeneurs en Haute-Savoie, le sentier fermé au public

En Haute-Savoie, un sentier pédestre de la forêt des Bois de Ville, près de Thonon-les-Bains, est fermé au public depuis l’attaque, mi-avril, d’un promeneur par une "buse agressive" en pleine période de reproduction.

Les panneaux sont formels : "Danger, attaques de buse agressive en cours". En Haute-Savoie, un sentier du GR5, au cœur de la forêt du Bois de Ville, est fermé au public "jusqu’à nouvel ordre". "A cet endroit précis, une buse attaque régulièrement depuis une dizaine d’années, mais pas tous les ans", explique Franck Simonnet, de l’Office national des forêts (ONF), "on nous rapporte des tournoiements au-dessus de la tête mais aussi des attaques plus agressives."

Une attaque mi-avril

Mi-avril, un promeneur a été attaqué par une buse. L’ONF et la municipalité ont depuis décidé d’interdire l’accès au secteur. "Le rapace arrive à grands coups d’ailes avec les serres en avant et tournoie très près de la tête des promeneurs qui fuient en courant, et cela incite l’oiseau à les poursuivre", relate Bernard Delorme, en charge des forêts communales à la mairie de Thonon-les-Bains.

Ces attaques représentent "une attitude de protection", selon Franck Simonnet de l’ONF, "comme elles le feraient avec une autre espèce avec qui elle serait en concurrence sur le territoire". En interdisant l’accès au sentier, ce dernier souhaite protéger d’une part le rapace et de l’autre, les usagers, et ce jusqu’au mois de juin.

Vigilance durant la période de nidification

"Nous interdirons ce chemin le temps que la nidification se fasse, jusqu’en juin", précise l’élu haut-savoyard. Alors que les buses sont en "plein cœur de la saison de reproduction", Jacques-Olivier Travers, le fondateur du parc des Aigles du Léman prédit une diminution de l’agressivité à partir du 15 juin. Ce spécialiste des rapaces précise que "les buses ont pondu mi-mars et que les petits viennent d'éclore".

C’est un pic d’agressivité car elles se concentrent sur les bébés qui sont encore faibles.

Jacques-Olivier Travers, fondateur du parc des Aigles du Léman

"Ces attaques sont de plus en plus fréquentes car il faut comprendre que pendant des décennies, nous avons tué toutes les buses qui s’approchaient de l’homme et elles avaient très peur de nous", poursuit Jacques-Olivier Travers. "Depuis 40 ans, on protège les rapaces et nous sommes devenus un élément comme un autre du décor."

Quand on entre dans leur territoire, ils n’ont plus peur de nous chasser.

Jacques-Olivier Travers, fondateur du parc des Aigles du Léman

Ces assauts sont-ils le fait d’un seul individu ? Possible. "La buse est un oiseau très territorial. De plus, certains d’entre eux sont plus téméraires que d’autres et il est probable qu’il s’agisse d’un spécimen un tout petit peu plus agressif que la moyenne", développe le spécialiste.

Que faire en cas d’attaque ?

Avant d’attaquer, une buse commence toujours par pousser des cris. Si le rapace passe à l'acte, "il faut faire un mouvement de la main au-dessus de la tête", conseille Jacques-Olivier Travers, car le rapace attaque toujours au sommet et à l’arrière du crâne.

Enfin, le meilleur conseil, selon le fondateur du parc des Aigles du Léman, est de "faire un petit détour pour éviter le nid". "C’est à nous de faire attention, de ne pas trop perturber ce moment de la reproduction. En faisant un petit crochet, cela peut leur éviter bien des désagréments", conclut-il. Si vous êtes attentifs à ces signes, c’est alors le moment de rebrousser chemin et ainsi, éviter de rencontrer ce rapace dont l’envergure peut aller jusqu’à 1,5 mètre.

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