VIDEO. Haute-Savoie : seules cinq femmes sont guides de haute montagne de la Compagnie de Chamonix Mont-Blanc

A l'heure où la fameuse Compagnie des guides de Chamonix célèbre cette année ses 200 ans d'existence, rencontre avec les femmes guides de haute montagne. Des pionnières dans la profession où elles ne sont que cinq à avoir été intronisées, dans les traces de la Première de cordée Sylviane Tavernier

La prestigieuse Compagnie des guides de Chamonix fête cette année ses 200 années d'existence. Ils sont 216 membres actifs au total, 153 guides dont cinq femmes seulement qui tutoient les sommets.

Le jour de leur rencontre avec notre équipe, elles avaient dû annuler leur course, et s'étaient retouvées en pause forcée par une météo capricieuse, dans la chaîne des Fiz. L'occasion pour Sylviane Tavernier, la Première de cordée de se replonger dans ses souvenirs fourmillant d'anecdotes et de récits, comme ce jour où elle grimpait avec René Demaison " Il me disait toujours, on va monter en refuge quand il fait mauvais, comme ça on est sûrs d'aller vers le beau temps :  arrivés au sommet, on défait les baudriers et il me dit, Sylviane, il faut vraiment que tu me promettes quelque chose, je lui demande quoi? et il me répond : tu promets de ne pas dire à ma femme que tu as porté mon sac'".

Sylviane Tavernier est la toute première femme à avoir été acceptée et à avoir fait sa place, dans ce milieu qui ne comptait alors que des hommes. La première à être intronisée guide de haute montagne, en 1988 !

 Elle restera pendant 25 ans la seule représentante féminine dans la discipline. C'est elle qui a ouvert la voie aux suivantes , Lise Billon, guide de haute-montagne depuis 2017, tout comme Fleur Fouque. Celle que l'on surnommait "le Petit Viking" a montré que c'était possible, même si elles ne sont que cinq encore aujourd'hui. 

Pour quelle raison sont-elles si peu nombreuses ? "c'est vrai que nous ne sommes pas beaucoup sur le marché du travail, alors oui, on peut dire que ce milieu est machiste, au même titre que l'ensemble de la société, mais pas plus, au contraire, dire que l'alpinisme est un milieu fermé aux femmes c'est une légende, il est même plus ouvert à vrai dire, plus disposé à accueillir des femmes" estime Lise Billon, guide de la Compagnie depuis 2017.

"On passe le même diplôme et on a le même salaire, voire plus parfois, il n'y a aucune inégalité sur ce plan-là en tout cas, et comme nous sommes très peu, on est aussi plus demandées par les alpinistes" renchérit Fleur Fouche, intronisée guide de la Compagnie la même année que Lise.

La montagne, ce métier, on l'a dans ses gènes"

Sylviane a creusé la trace deux générations plus tôt, et se souvient "c'était pas forcément facile, et ça ne l'est toujours pas, on est toujours un peu en position de challenger, mais j'y ai cru, on y a cru" assure celle qui a dû montrer "patte blanche et piolet fort".

Là haut, les clients, la fatigue, les courses, les difficultés ne font pas de distinction de genre, ce sont elles qui le disent. Pour Sylviane "ce métier est dans les gènes, c'est une passion, c'est ausi une philosophie de vie", des valeurs que partage Lise "je connaissais les difficultés, la rudesse parfois de ce métier, je voyais mon père, je trouvais ça noble de le faire en amateur, je ne pensais pas en vivre, mais quand je suis devenue institutrice, et que je restais au pied de la montagne, ça n'a pas tenu longtemps, j'ai su que je voulais en faire mon métier" .

 


 

 

 

 

 

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