Covid-19 : en Italie, plus de cinéma, plus de théâtre, plus de salles de sport et... des bars-restaurants fermés à 18 h

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a renforcé, ce dimanche 25 octobre, les restrictions contre la pandémie de Covid-19, après la publication de chiffres record de contaminations. Cinémas, théâtres, salles de gym fermés, restaurants et bars interdits de servir après 18H00.

Comme ici à Rome, les restaurants et bars devront boucler leur service à 18 heures
Comme ici à Rome, les restaurants et bars devront boucler leur service à 18 heures © Vincenzo Pinto. AFP
A partir de ce lundi 29 octobre, les cinémas, les théâtres, les salles de gym et les piscines sont sommés de fermer jusqu'au 24 novembre. Quant aux bars et aux restaurants, ils devront cesser de servir à 18 heures. Ce sont les nouvelles restrictions annoncées hier par les services du Premier ministre. 

La décision du chef du gouvernement intervient malgré l'opposition des gouverneurs de régions et les manifestations nocturnes qui se sont produites ce week-end contre le couvre-feu.

 

Un record national


21.273 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés ces 24 dernières heures en Italie, selon le comptage annoncé par les autorités dimanche, un record national. Au total, plus de 525.000 cas de contamination, dont 37.000 ont été mortels, ont été recensés dans le premier pays européen à avoir été durement frappé par la pandémie.

"L'objectif est clair : garder la courbe des contagions sous contrôle, car c'est le seul moyen de pouvoir gérer la pandémie sans être submergés", a expliqué dimanche le Premier ministre au cours d'une conférence de presse. Il a ajouté que ces mesures étaient nécessaires pour éviter un reconfinement comme celui du printemps, que "le pays ne peut plus se permettre".

 

75% des classes dans les lycées et les universités auront lieu en ligne


Les écoles et les maternelles resteront cependant ouvertes, alors que 75% des classes dans les lycées et les universités auront lieu en ligne. Les Italiens ont été appelés à éviter le plus possible les transports en commun et les déplacements hors de leurs quartiers.

Le Premier ministre Giuseppe Conte a déclaré qu'il ne voulait pas imposer un nouveau confinement, économiquement très éprouvant, comme celui qui avait été mis en en place au printemps pendant deux mois lors de la première vague de l'épidémie. Il était cependant soumis à une intense pression de la communauté scientifique qui lui demandait d'agir pour combattre la propagation du virus.


Une centaine de scientifiques avaient appelé cette semaine le gouvernement à agir, après qu'un médecin réputé, Giorgio Parisi, a averti que le pays aurait un taux de 500 morts par jour à la mi-novembre si de nouvelles mesures n'étaient pas prises.

 "En mars, nous étions sur le point d'être heurtés par un camion roulant à 130 kilomètres à l'heure. Aujourd'hui, il se dirige vers nous à 60 kilomètres à l'heure", a-t-il déclaré samedi à La Repubblica. "Nous avons le temps de l'esquiver, mais si nous ne le faisons pas, même s'il va plus lentement, cela nous tuera tout de même".

 

"Le couvre-feu ne marche pas"


De son côté, le conseiller de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) auprès du gouvernement italien, Walter Ricciardi, a averti qu'il ne restait que "quelques semaines pour intervenir". "Nous avons besoin de confinements locaux, et même régionaux. Le couvre-feu ne marche pas", a-t-il déclaré au journal Il Messaggero.
Les gouverneurs de régions ont averti que la fermeture des entreprises exacerberait les tensions sociales, après que le confinement du printemps a précipité l'Italie dans sa pire récession économique de l'après-guerre.

Giuseppe Spadafora, le numéro deux du lobby d'affaires Unimpresa, a prévenu que "la colère pourrait exploser dans les jours et les semaines qui viennent et devenir difficile à contrôler".

"C'est un moment complexe, il y a beaucoup de fatigue dans le pays", a reconnu M. Conte. "La pandémie constitue un défi sévère pour nous, elle provoque la colère, la frustration. Elle crée aussi de nouvelles inégalités (...)", a-t-il ajouté.

Mais il a averti qu'il ne fallait pas "laisser la latitude à ceux qui se spécialisent dans les actions de protestation et les désordres sociaux", à la suite de la manifestation de l'extrême droite à Rome et des informations selon lesquelles celle de Naples a été orchestrée par le crime organisé.
 
Naples, le 24 octobre 2020, affrontements entre extrémistes anti couvre-feu et policiers
Naples, le 24 octobre 2020, affrontements entre extrémistes anti couvre-feu et policiers © Carlo Hermann. AFP

Des dizaines de manifestants d'extrême droite protestant contre le couvre-feu ont affronté les forces de l'ordre anti-émeute dans la nuit de samedi à dimanche dans le centre de Rome. Quelque 200 militants masqués appartenant au groupe néo-fasciste Forza Nuova ont lancé des projectiles vers la police et incendié des poubelles.

Les manifestants, sur la Piazza del Popolo dans le centre historique de la capitale, ont attendu jusqu'à une minute avant minuit pour déclencher des feux d'artifice aux couleurs du drapeau italien, porter des cagoules et lancer des fusées éclairantes et des pétards sur la police. Sept protestataires ont été interpellés, et deux policiers ont été blessés, selon le quotidien La Repubblica.

Ces incidents font suite aux décisions prises cette semaine d'imposer un couvre-feu dans trois régions: celles de Rome (Latium), Milan (Lombardie) et Naples (Campanie). A Naples, des incidents avaient déjà éclaté la nuit précédente, lorsque des jeunes s'opposant au couvre-feu avaient affronté les forces de l'ordre, en brandissant également des pancartes. 

Le Piémont (nord) et la Sicile (sud) imposeront pourtant dans la semaine qui vient à leur tour le couvre-feu, et d'autres régions pourraient faire de même.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société italie international