Haute-Savoie : après l'éboulement de terrain de Bossey, la galère des habitants : " on se sent abandonnés et méprisés"

TEMOIGNAGES. Après le glissement de terrain qui a bien failli emporter leurs logements le 22 juin dernier, c'est la colère qui domine désormais chez les habitants évacués. Certains vivent à l'hôtel, à leurs frais. Toutes les situations particulières sont compliquées, et ils se sentent "dédaignés"

Une semaine après le gigantesque éboulement de terrain, c'est une vraie galère pour bon nombre des 150 résidents qui ont été évacués ce jour-là en urgence.

Relogés pour la plupart dans un immédiat temporaire chez des proches, ils ne savent pas comment, ni quand, ils vont pouvoir s'organiser. Vers qui se tourner? Où habiter? Ils restent dans le flou le plus total, et certains envisagent même déjà de ne plus revenir habiter là, choqués par ce qui est arrivé.

De nombreuses situations particulières restent extrêmement compliquées et stressantes. Impossible désormais d'aller chercher quoi que ce soit chez eux, en raison des risques. Ils n'ont pu s'y rendre qu'une fois, le jour de l'éboulement, sous protection des pompiers.

Trois valises, un ordinateur, le doudou de leur fille, voilà tout ce qu'a pu récupérer une famille que notre équipe a retrouvée, et qui préfère témoigner de façon anonyme. Voilà une semaine qu'elle vit tout à l'étroit, dans une chambre d'hôtel, à ses frais, sans information ni perspective. 

"C'est très arrogant, très humiliant"

"On entend tout et n'importe quoi, sur la situation, sur ce qui a causé l'éboulement, on est très décus par les réponses des constructeurs, les réactions des assurances, c'était très arrogant, très humiliant, on a mis en danger la vie des gens et là on nous dit, on va renforcer vos bâtiments, moi j'ai pas demandé de travaux dans mon bâtiment " témoigne la mère de famille désemparée et en colère.

C'est juste un scandale"

Les situations personnelles sont toutes différentes, mais compliquées. Igor par exemple est propriétaire de son T4 dans la résidence depuis  2015. Seule solution pour mettre à l'abri sa famille, louer un petit logement dans une commune voisine et il est mort d'inquiétude.

Il est aussi fou de rage : "Vous imaginez C'est très cher, on paye le loyer de la location, plus les échéances, et les charges de notre appartement qu'on ne peut pas habiter, pour moi, c'est un scandale." et il dénonce les travaux qui étaient alors en cours, en bas de la résidence, au moment de l'éboulement : "je suis persuadé que ce sont ces travaux qui ont déclenché cette catastrophe naturelle, ils ont eu l'autorisation de les faire, mais rien n'était sécurisé ".

C'est ce qui préoccupe l'ensemble des habitants qui n'ont jusqu'à présent aucun début de réponse. Après la peur, monte la colère.

Pour l'heure, ni les services de l'Etat, ni les constructeurs ne sont manifestés depuis mercredi dernier. Seule une réunion de co-propriétaires est organisée demain. Et l'orde du jour reste...l'urgence.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers météo polémique société