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Haute-Savoie : une pétition contre l'“exploitation” de l'ours Valentin dans un spectacle pédagogique à Thônes

L'ours Valentin lors d'une représentation à un festival médiéval en Haute-Marne en 2018. / © JC Tardivon / MAXPPP
L'ours Valentin lors d'une représentation à un festival médiéval en Haute-Marne en 2018. / © JC Tardivon / MAXPPP

Deux associations de protection des animaux ont lancé une pétition pour faire annuler un spectacle animalier prévu mercredi 21 août à Thônes (Haute-Savoie). L'Office de Tourisme qui organise l'événement ne compte pas l'annuler mais ne programmera plus de spectacles avec des animaux à l'avenir.

Par @F3Alpes

Près de 34.000 voix se sont élevées contre une représentation mettant en scène un ours domestique à Thônes, en Haute-Savoie. Le spectacle, qui doit avoir lieu mercredi 21 août, propose aux spectateurs de "faire la connaissance de Frédéric Chesneau et de son ours Valentin pour une rencontre unique".

Un événement pas au goût des associations de protection des animaux Aves France et Paris Animaux Zoopolis qui ont lancé une pétition pour dénoncer "l'exhibition" de l'animal et son "exploitation". Toutes deux se sont fait connaître après avoir remis un rapport demandant l'interdiction de ces spectacles au ministre de la Transition écologique et solidaire, arguant qu'ils ne sont "ni artistiques ni pédagogiques".
 

L'Office de Tourisme de Thônes qui organise l'événement annonce que la représentation est maintenue et nuance : "Il est possible que ces associations aient acheté des signatures, c'est une pratique peu coûteuse qui est assez fréquente." Par ailleurs, elle dit avoir choisi son prestataire avec soin puisque l'argent récolté "sert à un refuge pour animaux" et Frédéric Chesneau a "de bonnes références cinématographiques". Il a notamment tourné dans la série "Joséphine ange gardien" avec Valentin.

Cet ours est surveillé de près par l'association Aves depuis quelques années. "Le pauvre Valentin parcourt des milliers de kilomètres chaque mois et sillonne la France quasiment chaque week-end durant la saison des spectacles", peut-on lire sur leur site. Selon un décompte tenu par l'association, l'animal aurait parcouru plus de 14.000 kilomètres en 2018 pour se rendre à toutes ses représentations à travers la France. Un argument que l'Office de Tourisme ne nie pas, précisant toutefois que le dresseur "sélectionne les représentations pour éviter de faire parcourir trop de trajet à son ours".

 

Plus de spectacles avec des animaux


Mais les signataires de la pétition demandent toujours à la mairie de Thônes d'annuler l'événement. Ils sont nombreux à avoir également adressé un courrier au maire pour faire valoir leurs arguments, et tous semblent avoir reçu la même réponse. Dans un mail envoyé à plusieurs pétitionnaires, la municipalité dit avoir "voté ce 13 juin une délibération interdisant les cirques avec animaux sauvages sur le territoire de la commune à compter de septembre 2019".

La préfecture de Haute-Savoie aurait informé les élus locaux que cette délibération est entachée d'illégalité, "précisant que le conseil municipal n'est pas compétent pour prendre ce type de décision qui relève du pouvoir de police du maire, mais qu'en l'état actuel de la réglementation, aucun texte ne prévoit l’interdiction de la tenue de spectacles de cirques avec des animaux et la possibilité pour le maire d’interdire au titre de son pouvoir de police ce type de manifestation", indique ce même mail cité par des pétitionnaires et Aves France.

Une réponse qui ne satisfait pas l'association qui se questionne : "Si la mairie de Thônes est opposée aux cirques avec animaux, alors pourquoi fait-elle venir un montreur d’ours sur son territoire ?". Comme l'indique la mairie de Thônes dans son mail, la prise d'arrêté est effectivement illégale, mais Aves France pointe que Frédéric Chesneau, le montreur d'ours qui doit venir à la fin du mois d'août, "ne se déplace que sur contrat".

Un choix de programmation assumé par l'Office de Tourisme, précisant toutefois qu'elle ne programmera plus de spectacles avec des animaux à l'avenir. "Ce n'est pas dans notre intérêt de recevoir des pétitions et de cliver", indique encore une porte-parole. Une victoire en demi-teinte pour les signataires.

 

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