Haute-Savoie : Alpine Aluminium obtient un sursis pour trouver un repreneur

Alpine Aluminium cherche un repreneur depuis plusieurs mois. Photo d'archives. / © Grégory YETCHMENIZA / MAXPPP
Alpine Aluminium cherche un repreneur depuis plusieurs mois. Photo d'archives. / © Grégory YETCHMENIZA / MAXPPP

Placée en redressement judiciaire depuis le 1er août, l'entreprise Alpine Aluminium recherche activement un repreneur. Le tribunal de commerce d'Annecy, lors de son audience de mardi, a renvoyé sa décision et repoussé la date limite de dépôt des offres de reprise au 18 octobre.

Par M.D. avec Marion Feutry

Les salariés d'Alpine Aluminium peuvent reprendre leur souffle. Alors que l'entreprise basée à Cran-Gevrier (Haute-Savoie), près d'Annecy, recherche activement un repreneur depuis le 1er août, le tribunal de commerce d'Annecy vient de lui accorder un sursis, reportant sa décision au 5 novembre alors qu'aucun dossier n'avait été présenté dans les temps. Les candidats à la reprise ont maintenant jusqu'au 18 octobre pour déposer leur offre de reprise.

Quatre ans après le rachat du spécialiste français de la transformation de l'aluminium par ses propres salariés, l'entreprise a été placée en redressement judiciaire au cours de l'été. Le modèle de la Société coopérative et participative (Scop) a vécu, mais Alpine Aluminium a désormais besoin d'investissements pour pouvoir survivre. "On a investi environ 2,5 millions d'euros (via la Scop) et maintenant, on doit se rendre compte que ça n'a pas été suffisant par rapport aux besoins de l'entreprise", estime Grégoire Hamel, PDG d'Alpine Aluminium.

 

"Beaucoup de marques d'intérêt"


Car l'usine a essuyé son lot de galères depuis le début de l'année. Des problèmes techniques, notamment au niveau de ses fours, lui ont fait prendre du retard dans les commandes. Mais le directeur reste serein pour l'avenir : "Nos clients sont en difficulté pour trouver des alternatives, la preuve : notre carnet de commandes est toujours là. Il n'y a pas de concurrence dans notre domaine d'expertise en France, donc les clients doivent aller à l'étranger et c'est compliqué, il y a des coûts supplémentaires donc ils sont en attente, comme nous."

Pour ce qui est du futur repreneur, le PDG de la société haut-savoyarde affirme avoir reçu "beaucoup de marques d'intérêt""On est bien en phase, y compris avec le tribunal de commerce, sur le fait que cette entreprise ne sera cédée que si on a un acteur solide, c'est-à-dire capable d'assumer des investissements importants pour remettre l'usine à niveau", rappelle Grégoire Hamel.
 

En attendant une offre solide, l'entreprise tourne au ralenti. Les services administratifs sont toujours en marche pour garder contact avec les clients, mais l'activité industrielle a été stoppée. "On a lancé des groupes de travail pour réfléchir sur les conditions de travail et sur l'amélioration de la sécurité, ajoute M. Hamel. On a tous les jours des réunions et des plans d'action se mettent en place pour être parfaitement prêts à redémarrer."

Pour les salariés, "c'est un moment difficile", explique le PDG, affirmant avoir atteint "la limite du modèle coopératif puisque pour les grosses activités, les salariés ne sont pas en mesure d'apporter les fonds nécessaires". Tous profitent maintenant de la bouffée d'oxygène accordée par le tribunal de commerce d'Annecy en attendant de connaître le nom de leur potentiel repreneur.

 

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