Polémique sur la venue d'un cirque à Megève : la Ville attaque l'arrêté préfectoral en justice

© Marie Megève
© Marie Megève

La Ville de Megève s'est levée vent debout contre la venue du cirque Zavatta, au motif que celui-ci transporte des animaux. L'arrêté pris par la mairie a toutefois été cassé par la sous-préfecture, qui considère comme tout à fait légale l'installation du chapiteau.

Par Eddie Rabeyrin

Cela fait 26 ans que, chaque été, le cirque Zavatta Capelot installe son chapiteau à Megève en Haute-Savoie. Et ce, malgré les nombreuses critiques émanant des défenseurs des animaux. Mais, cette année, la mairie a décidé de faire barrage à son installation.

Le cirque avait pourtant obtenu l'accord de la Ville. Accord qui était toutefois assorti d'une condition : qu'il vienne sans ses animaux, le conseil municipal ayant pris une délibération en ce sens au début de l'année.

A quelques jours de l'arrivée des caravanes, les élus ont compris que les circassiens avaient en fait bien l'intention de venir avec sa trentaine de lamas, chèvres naines, chameaux, lions et zébus. Catherine Jullien-Brèches, la maire (sans étiquette) de Megève a répliqué mardi en par un arrêté municipal interdisant "le stationnement de tous véhicules en charge du transport d’animaux idoines à d’éventuelles représentations ou expositions animalières, y compris celles prévues en d’autres lieux et autres dates.” Une façon de signifier au cirque qu'il n'était plus le bienvenu.

C'était sans compter l'avis de l'Etat qui, par la voix de la sous-préfecture de Bonneville, a pris un arrêté inverse, réquisitionnant le terrain du palais des Sports pour permettre l'installation du chapiteau jusqu'au 16 août. Dès lors, la mairie se trouve en porte-à-faux.

Loin de faire marche arrière, la maire a au contraire choisi de camper sur sa position. Jeudi soir, des véhicules de la commune avaient été disposés pour barrer l'accès au terrain et des élus ceints de leurs écharpe tricolore attendaient de pied ferme l'arrivée des caravanes. 

Cette petite démonstration de force n'a pas empêché l'installation du cirque. Mais la mairie a décidé de contester l'arrêter préfectoral devant le tribunal administratif. Le jugement devrait être rendu en début de semaine prochaine. En attendant, les deux représentations quotidiennes du cirque sont assurées.

Officiellement, la mairie justifie la prise de son arrêté par le fait que les véhicules de transport d'animaux prennent trop de place sur le parking du Palais des sports, lequel a récemment fait l'objet de travaux d'agrandissement. 

Un argument que contestent les responsables du cirque, qui pointent du doigt l'organisation une semaine auparavant d'un jumping d'équitation, sur ce même site. Ces derniers se disent décidés à rester, arguant, à juste titre, qu'aucune loi ne les empêche d'avoir recours à des animaux. 

 

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