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"Réglementer" le Mont-Blanc: les 4 solutions du Maire de Saint-Gervais et de la FFCAM

Nous avons interviewé le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex, et le vice-président de la FFCAM Raymond Courtial. A eux deux, ils avancent 4 solutions - et des explications - face au problème de sur- (ou mauvaise) fréquentation sur la voie normale du Mont-Blanc.
Comment réglementer "la voie Royale ?" Le CAF et le Maire de Saint-Gervais ont tenté de nous répondre.
Comment réglementer "la voie Royale ?" Le CAF et le Maire de Saint-Gervais ont tenté de nous répondre. © France 3
Début août, la FCCAM demandait l'ouverture d'une grande concertation, à propos de la surfréquentation et du comportement d'alpinistes sur la voie normale Mont-Blanc (voir notre reportage). En ligne de mire : les candidats à l'ascension (souvent des pays de l'Est) qui arrivent au refuge du Goûter sans avoir réservé, alors que le site est complet.

Cela pose des problèmes de sécurité qui "donnent une très mauvaise image de ce bâtiment, du massif du Mont-Blanc et de la France", selon le vice- président de la FFCAM qui demande aussi une concertation.

Le Maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex, est l'un des plus francs militants pour une réglementation de l'accès au Mont-Blanc par sa commune. Il déplore ces problèmes de réservation, mais aussi un nouvel esprit à l'oeuvre sur le Mont-Blanc : celui de l'hôtellerie, du tourisme de masse, avec les facilités et les exigences de gens qui se prennent pour des alpinistes.

"Le fait qu’on fasse croire qu’on est dans un parc d’attraction et que le beau gendarme du PGHM va descendre de l’hélicoptère pour vous sauver gratuitement si vous êtes en difficulté… Tant qu’on aura cette notion d’aller faire du secours gratuit, pour eux qui auront mis des vies en danger, on aura n’importe qui dans la montagne."





Pourquoi « réglementer » l’accès au Mont-Blanc ?


Alors Jean-Marc Peillex est clair : "Oui, il faut réglementer" l’accès au Mont-Blanc par la voie normale. Les alpinistes sont attachés au libre-accès à la montagne. Monsieur Le Maire veut leur répondre : il ne s’agit pas de limiter l’accès à la montagne ou les services de secours ; il s’agit de les respecter eux, les alpinistes qui se comportent bien.

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Respecter les alpinistes et la montagne


Solution 1 : la communication


Le vice-président de la CCAFM est d'accord avec Jean-Marc Peillex sur au moins un point : il faut entamer une large concertation pour trouver des solutions. Mais une chose sera appliquée quoi qu’il arrive : "L’année prochaine, on engagera des actions de communication bien en amont du début de la saison." Une première solution donc, qui a un objectif : que chacun réserve sa place dans le refuge, dès l’époque où il prépare son ascension.

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Communiquer mieux et plus tôt


Solution 2 : des contrôles avant l’ascension


La communication est une forme de prévention. Mais il en existe une autre pour ceux qui ne comprendront toujours pas qu'il faut réserver sa place dans un refuge pour entamer l'ascension à certaines heures et dans certaines conditions : le contrôle des billets en amont (enfin, physiquement, en aval). Pour Jean-Marc Peillex, c'est une solution toute trouvée : l'Etat, donc la gendarmerie, pourrait être présent en bas du Mont-Blanc et vérifier si chaque alpiniste a bien préparé son ascension.

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L'Etat pourrait faire des contrôles

Solution 3 : une typologie des candidats à l’ascension


Le Maire de Saint-Gervais a beau dire vouloir défendre la philosophie de la montagne, il avance sur une pente glissante. Le président de la CAF est plus prudent, moins pressé. "Je ne sais pas répondre sur le terme ‘réglementer’", confie Raymond Courtial, vice-président de la FFCAM, , qui voudrait mieux connaître la diversité des candidats à l’ascension et de leurs motivations, avant de décider quoi que ce soit. Place à la sociologie de la montagne ?

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Mieux connaitre les candidats à l'ascension


Solution 4 : rouvrir l’ancien refuge du Goûter


Reste une manière simple et rapide d'agir, selon le Maire de Saint-Gervais Jean-Marc Peillex : rouvrir l’ancien refuge du Goûter, en le remettant simplement aux normes. Question de sécurité, donc, puisque cela permettrait de désengorger le nouveau refuge. Question d'Histoire ou de Nostalgie aussi : nombreux sont les montagnards attachés à ce bâtiment emblématique, jusqu'ici promis à la démolition.

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30 places dans l'ancien refuge

Une trentaine de lits pourrait être installée dans la partie ancienne du refuge historique. Le nombre total de places sur la voie normale d’accès au Mont-Blanc passerait alors à 320. Ce serait proche de la fréquentation quotidienne : entre 300 et 400 personnes les beaux jours, selon le maire de Saint-Gervais
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