Dans la très chic station suisse de Saint-Moritz, Tessa Worley a produit l'effet choc dimanche 15 décembre, en slalom géant. Depuis son sacre éclatant en février, la championne du monde du Grand-Bornand n'était parvenue à monter qu'une fois sur le podium. La voici en tête de la première.
La Française a signé le meilleur temps de la première manche du slalom géant, devant la Suédoise Jessica Lindell-Vikarby, gagnante du précédent géant à Beaver Creek.
"Cela fait vraiment du bien d'arriver en bas et de voir qu'on est en tête" a expliqué Tessa Worley. "J'ai réussi à faire ce que je voulais, mettre de l'engagement en étant juste au niveau des trajectoires". "Le piège sur cette piste est qu'il faut attaquer mais on a pu voir que cela ne passe pas si on est trop à la limite", a-t-elle souligné.
La championne du monde 2013, qui avait remporté l'épreuve en 2010, a relégué la Suédoise à 29/100e, tandis que l'Autrichienne Kathrin Zettel occupe le troisième rang à une demi-seconde. La Slovène Tina Maze, reine de la discipline la saison passée et tenante du titre, pointe à la 6e place à 76/100e, derrière la Canadienne Marie-Michèle Gagnon (+67/100e) et l'Italienne Denise Karbon (+72/100e).
Le besoin de confiance
Coup de matraque fin octobre avec une 21e place, et une 9e à Beaver Creek dans le Colorado, un mois plus tard. La leader de l'équipe de France féminine ne s'en cachait pas: "Mon objectif était vraiment d'attaquer la saison sur des podiums, de skier comme je sais le faire, et cela n'a pas été le cas". "La confiance n'est pas encore vraiment à 100%" confiait encore Tessa Worley, on sent que je n'y vais pas franchement, ce sont des petits détails à régler et il faut cela pour que je sois au mieux".
Avec les Jeux Olympiques à Sotchi (7-23 février) à l'horizon, ses résultats pouvaient être interprétés comme une volonté de se préserver pour cette grande échéance. Mais pas du tout. "Je ne suis pas rentrée dans l'hiver comme je l'aurais souhaité et maintenant, il me faut monter en puissance. Moi je suis du genre, plus j'engrange de confiance, mieux c'est", souligne la blonde de 24 ans.
L'an dernier, c'est à St-Moritz que Tessa Worley était montée pour la première fois sur le podium de la saison. Le précédent géant dans la station suisse, en 2010, elle l'avait raflé. "C'est une piste relativement facile où il n'y a pas trop de questions à se poser au niveau de l'engagement. Arriver à retrouver ma confiance sur cette piste, pourquoi pas!", estime-t-elle. Surtout après une 9e place en super-G, elle qui n'est pas encore une véritable adepte de la discipline.
Anémone Marmottan, spirale positive
Anémone Marmottan, elle, revient dans une spirale positive, après deux saisons d'une galère dûe à une fracture tibia-péroné. Au moment de sa blessure début mars 2011, elle croyait devoir mettre une croix sur sa carrière de skieuse: boucler une chaussure de ski tenait de la pénitence.
Il lui a fallu comme les autres s'habituer aux nouveaux modèles de skis imposés par la Fédération internationale de ski (FIS) la saison passée, sauf que ceux-ci sont plus exigeants physiquement, ce qui n'est pas facile quand on sort d'une grosse blessure.
Après avoir encaissé les désillusions, elle recommence à jouer autour du podium, comme c'était le cas en 2010, quand elle avait fini 4e à St-Moritz. "La blessure n'est jamais simple dans une carrière, mais j'ai quand même pu m'en servir pour savoir maintenant sur quel chemin je dois aller. Je n'ai plus à réfléchir", avance-t-elle. Et d'ajouter en riant doucement: "c'est ce que certains appellent l'expérience".