Crash d’hélicoptère dans le Vercors : l’hommage aux secouristes, ces "anges gardiens" de la montagne

Suite au crash d'un hélicoptère dans le Vercors au cours d'une opération de secours, Jean-Michel Asselin, écrivain-alpiniste et Frédi Meignan, ancien gardien du refuge du Promontoire, rendent hommage aux "anges gardiens de la montagne".
© GUILLAUME SOUVANT / AFP

Jean-Michel Asselin, journaliste, écrivain, himalayiste, connaît très bien les secouristes. Dans sa longue carrière d'alpiniste, il les a fréquentés de près. Et même de très près. Jean-Michel Asselin se souvient de ce triste jour de février 1980, où il a eu un grave accident dans le massif du Mont-Blanc.

"Nous étions trois compagnons de cordée en plein hiver dans la face nord des Courtes. L'hélicoptère des secouristes s'est posé sur le glacier, près du corps sans vie d'un de mes amis. Quand je suis rentré dans l'hélico, personne ne m'a demandé ni pourquoi, ni comment on en était arrivés là. Ils se sont juste occupés de moi, m'ont encouragé, sans poser de questions."

"Le lendemain, à l'hôpital, un jeune homme est venu demander de mes nouvelles. Je ne l'ai pas reconnu tout de suite. C'était le secouriste qui m'avait parlé dans l'hélico pendant toute l'intervention pour me rassurer. Je lui demandé où je pouvais revendre tout mon matériel, je voulais tout arrêter. Il m'a simplement répondu : calme-toi... tu retourneras en montagne. Et j'y suis retourné."

Jean-Michel Asselin, journaliste spécialiste de la montagne
Jean-Michel Asselin, journaliste spécialiste de la montagne © France 3 Alpes

Des montagnards avant tout

Pour Jean-Michel Asselin, les secouristes sont avant tout des montagnards, qui font partie intégrante de la communauté des alpinistes. 

"Ce sont d'abord des passionnés de montagne, comme nous. Ils vont secourir parce qu'ils sont solidaires des autre membres de la communauté. Eux-mêmes ont parfois été secourus. Pour nous autres alpinistes, ce sont des "anges gardiens". Quand on va en montagne, on sait qu'ils sont là, quelque part.

Et c'est pour ça que les secours gratuits ont un sens. Ils sont l'expression de la solidarité montagnarde, de la solidarité humaine tout simplement. Cette expérience de l'alpinisme peut paraître inutile, superflue, poétique... mais elle porte des valeurs fortes."

 

Un secours est toujours risqué

Frédi Meignan a été longtemps gardien du mythique refuge du Promontoire, passage obligé des alpinistes sur la voie de la Meije en Oisans. Il a bien sûr cotoyé les secouristes, et assisté à de nombreuses opérations.

"C'est clairement de leur part un engagement fort, qui va au-delà d'un métier. Ils sont très prudents, mais ne sont jamais très loin de la limite. J'ai vu des secours très risqués, à cause des nuages, du vent, de l'orage. En montagne, l'aérologie est très compliquée, eux aussi peuvent se faire surprendre, même s'ils sont très entraînés. C'est un milieu avec toujours une part d'aléatoire, de complexité, qui en fait aussi la beauté."

Frédi Meignan au refuge du Promontoire
Frédi Meignan au refuge du Promontoire © F. Meignan

En montagne, pas de surhommes

Frédi Meignan poursuit : "un accident comme ça, ça fait toujours réfléchir. Appeler les secours, ce n'est jamais anodin. Il y a toujours une prise de risque en montagne, c'est rude, ça peut être hostile, et c'est aussi pour ça qu'on y va. Mais il faut être conscient que c'est risqué aussi pour les secourites. Une intervention n'est jamais facile. Il faut garder ça en tête. A nous d'être responsables.

Bien sûr qu'il faut les appeler, parce qu'ils peuvent sauver des vies, mais ce ne sont pas des surhommes. En montagne, il n'y a pas de surhommes. Nous sommes tous vulnérables. Soyons-en conscients."

 

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