VIDÉO. "Le couronnement de Charles III, c'est notre fierté" : cette usine tisse des galons pour les armées, églises et monarchies depuis 140 ans

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L'usine Gallia, un héritage industriel vieux de 140 ans ©Didier Le Pape et Franck Céroni / France 3 Alpes

Depuis 140 ans, l'usine Gallia située à Saint-Jean-de-Bournay, en Isère, confectionne des galons et des rubans commercialisés dans 60 pays à travers le monde. Ces produits sont utilisés lors des cérémonies prestigieuses aussi bien militaires que religieuses.

Implantée à Saint-Jean-de-Bournay en Isère, l'usine Gallia est un héritage industriel vieux de 140 ans. Cette entreprise, spécialisée dans le tissage de galons, perpétue un savoir-faire ancestral. 

"L’usine Gallia a été créée en 1884. Il y avait plusieurs entreprises dans la ville de Saint-Jean-de-Bournay qui faisaient de la passementerie. Ici, on fait du tissage étroit. C’était une activité qui était un petit pic de la région Isère et Nord-Isère ainsi que de la Loire pour le ruban", explique Thierry Gontard, directeur de l'entreprise. 

48 000 mètres de galons chaque mois

Dans cette usine de tissage, 48 000 mètres de galons sont confectionnés chaque mois. Des rubans soyeux cousus d'or et d'argent et entièrement assemblés ici depuis près d'un siècle et demi. "La particularité de notre société, c’est que les rubans qui sont tissés à Saint-Jean-de-Bournay sont vendus pratiquement partout dans le monde", précise le dirigeant. 

Nos galons sont portés dans le monde entier. C’est un peu notre grande fierté, nos galons ont été portés pour le couronnement de Charles III.

Thierry Gontard, directeur de l'usine Gallia.

Les produits de l'entreprise sont distribués dans 60 pays et sont utilisés aussi bien dans les défilés militaires que dans les cérémonies religieuses, y compris au Vatican. "Nos galons sont portés dans le monde entier. C’est un peu notre grande fierté, nos galons ont été portés pour le couronnement de Charles III. Les galons, on en voit partout : dans les compagnies aériennes, sur des militaires, les gendarmes, les policiers, etc.", énumère-t-il. 

Avec plus d'un siècle d'existence, l'usine Gallia emploie actuellement 19 salariés dans divers métiers. Ourdissage, marquage, tissage... Des jolis mots pour un travail minutieux qui crève l'écran lors des grandes cérémonies télévisées.

"Après le lycée, je n’ai pas trouvé de travail dans ma branche du coup, je me suis retrouvée ici. On fait plein de choses différentes et le fait de travailler pour le monde entier, c’est super intéressant. On apprend sur le tas, il n’y a pas d’école pour apprendre le métier, on apprend ici. On a fait le couronnement de Charles III. C'est vrai qu'à la télé on essaye un peu de regarder ce qu'on a fait, c’est valorisant", se réjouit Sabrina Armanet, une des employées de l'entreprise.

"On est que deux en France à faire cela"

Selon Thierry Gontard, l'entreprise est "sur une niche". En Europe, elle ne compte que deux principaux concurrents : un en France (l'entreprise BBA basée dans la Sarthe, NDLR) et un en Allemagne (la société Bender implantée en Bavière, NDLR). "C’est vraiment un métier à part, on est que deux en France à faire cela. Et nous, on est sur tous les domaines alors que notre concurrent est plus sur le domaine militaire. C’est une activité qui est typiquement de la région", explique-t-il.

Depuis sa création, L'usine Gallia mise sur la qualité. Un choix qu'elle honore avec passion depuis 140 ans. Ce mardi, le directeur de Gallia a tenu à nous présenter les plus belles créations de l'entreprise. "Ceci est une sélection des choses un peu particulières, pas les plus compliquées, mais des choses emblématiques de notre savoir-faire", lance -t-il avant de nous présenter son "préféré", un long ruban sur lequel est couché un précieux ornement en or. 

"C’est l’un des plus compliqués qu’on fait, il sert pour la chambre des députés en Angleterre. On en fait que tous les trois à quatre ans. C’est un galon exceptionnel. Quand, on tisse ce galon, la tisseuse reste devant le galon et elle ne fait rien d’autre. Normalement, une tisseuse doit s’occuper de quatre métiers, mais là, elle ne s’occupe que de ce galon-là", poursuit-il. 

Actuellement, c'est une vingtaine de personnes qui font tourner l'usine. "On a 42 métiers à tisser, 20 métiers classiques et 22 métiers modernes. Mais on est un peu en sous-effectif donc que 2 à 3 personnes de plus ce serait bien", explique Thierry Gontard.

L'entreprise est à la recherche de tisseurs et de monteurs. "On prend les gens qui arrivent de tous les horizons possibles et on les forme de A à Z", précise-t-il. Seule condition, un engagement sur le long terme. "Comme il y a un ou deux ans de formation, le but, c’est que les gens restent", conclut le directeur. 

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