Le député de l'Isère Olivier Veran relance le débat sur le cannabis thérapeutique

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Le député LREM Olivier Veran a annoncé ce mercredi 9 octobre qu'il défendrait un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) autorisant une expérimentation pour deux ans de l'usage médical du cannabis, relançant le débat sur sa légalisation à des fins thérapeutiques.

Par AFP

"Parce qu'il y a des malades qui en ont besoin et parce que la France est l'un des derniers pays de l'Union européenne à ne pas l'avoir autorisé", a justifié mercredi sur RTL ce médecin neurologue, évoquant la situation de "milliers de malades" souffrant de "maladies graves", pour lesquels "les dérivés du cannabis peuvent constituer un apport thérapeutique supplémentaire".

 L'expérimentation envisagée par le député de l'Isère, rapporteur général du PLFSS, se déroulerait dès "début 2020" et "sur deux ans", auprès d'"environ 3.000 malades avec des médecins formés à la prescription" et un "vrai suivi scientifique". Sa proposition a de grandes chances d'être adoptée.

 Début avril, le Premier ministre Edouard Philippe avait estimé qu'il serait "absurde" de s'interdire d'étudier les possibilités du cannabis thérapeutique. Mais "il ne s'agit en aucun cas d'une légalisation de la vente de cannabis", avait précisé Matignon.

    La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait elle-même relancé ce débat sensible en mai 2018, en demandant à différentes institutions qui évaluent les médicaments de lui faire remonter "l'état des connaissances sur le sujet", jugeant qu'il n'y avait "aucune raison d'exclure, sous prétexte que c'est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes".

    "L'Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) a émis un avis favorable en vue d'une expérimentation de l'usage médical. L'agence et le ministère des Solidarités et de la Santé se sont engagés à mener les travaux nécessaires à sa mise en place", rappelle Olivier Véran.


L'expérimentation se déroulera dès "début 2020" et "sur deux ans", "avec des médecins formés à la prescription" et un "vrai suivi scientifique", a rappelé le député de l'Isère, rapporteur général du PLFSS, dont l'amendement a de grandes chances d'être adopté. Elle devrait concerner "environ 3.000 malades", a-t-il précisé.

    Le fait que cette expérimentation soit probablement incluse dans le budget de la sécurité sociale est un "symbole fort", a commenté le collectif Alternative pour le cannabis à visé thérapeutique (ACT), qui rassemble plusieurs associations de patients.

    Il y voit en effet la garantie qu'il y aura "les crédits nécessaires à la mise en place de la future expérimentation" et "l'assurance que les patients seront entièrement pris en charge".
    Au terme des deux ans d'expérimentation, une évaluation sera menée, qui servira de base pour juger de la pertinence d'une légalisation du cannabis à visée médicale.
    
    Les produits "pourront être délivrés en pharmacie hospitalière, puis en pharmacie de ville" sous forme "d'huiles, de tisanes, également des fleurs séchées de cannabis que les malades ne fumeront pas" mais ils "pourront être équipés d'un vaporisateur pour vaporiser le cannabis", rappelle aussi Olivier Véran , évoquant une prise en charge par la Sécurité sociale.

    "L'Organisation mondiale de la Santé vient de déclassifier le cannabis qui ne faisait plus partie de la pharmacopée mondiale et vient de reconnaître l'utilité thérapeutique potentielle de cette molécule", a souligné l'élu, établissant un distingo avec le "cannabis récréatif".

    "On n'est pas en train de s'adresser à un ado de 16 ans qui part en soirée avec de la résine de cannabis, va fumer et flinguer son système de mémoire et prendre le risque de présenter des troubles psychiques", a-t-il lancé.

    "On est en train de parler d'un malade qui a un cancer ou une douleur neuropathique, qui est en impasse thérapeutique, ne vit plus, ne mange plus, ne dort plus, ne s'occupe plus de ses enfants, n'a plus de qualité de vie et vous dit: ça fait un an que je m'automédique comme ça et que je vais mieux. Accompagnez-moi, plutôt que de me laisser dans l'illégalité", a plaidé M. Véran.
 

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