Cinéma. Les “Eléphants perdus“ du Grenoblois Claude Andrieux charment le public et décrochent un label ”Art et Essai”

© Nomade Productions
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Jolie réussite pour le 1er long métrage de Claude Andrieux: documentariste pendant 20 ans dans le monde de l'alpinisme  il s'est lancé dans la grande aventure de la fiction. Son film, en salles depuis 4 semaines à Paris et Grenoble a reçu le label "Art et Essai", une vraie reconnaissance du public

Par I.G

Dans le vieux café de Saint-Hugues-de-Chartreuse qui sent la myrtille, on sait que Claude passe, tous les dimanche, comme un rituel. Ce village, c'est son ancrage.
Il aime " y rencontrer les anciens, comme Dédé, l'ancien garagiste du pays, fils d'une famille de 12 enfants, qui raconte les temps d'antan, quand il fallait ramasser des pommes de terre dans les granges pour passer l'hiver, ces échanges-là lui tiennent à coeur"...

Claude Andrieux est d'abord un "gars du pays" adopté par tous, depuis plus de 30 ans : Né à Echirolles dans la banlieue Grenobloise, en HlM, dans une famille , lui aussi, de 12 enfants, aux moyens modestes et lâchée très tôt par le père de Claude "J'ai été élévé par un autre homme et du coup la paternité, le manque du père m'ont toujours habités".

En Chartreuse, il a planté ses racines, son amour, ses enfants. C'est  ici dans ces montagnes, dont il connaît le moindre recoin, qu'ont germé ses "Eléphants Perdus, en terre d'Islande, le périple de trois paumés de la vie.

La montagne, c'est son univers. Documentariste pendant plus de 20 ans, aux quatre coins du globe, sur les versants des plus grands sommets, puis producteur, il n'a jamais abandonné l'esprit de l'alpinisme, ou de l'escalade. Il explique avoir " besoin de la montagne comme de l'air qu'il respire".

L'Islande, il l'avait explorée, en stop il y bien longtemps, quand il avait ...à peine 20 ans, et ce voyage est resté gravé en lui, alors pour passer de l'autre côté du miroir, au cinéma, c'est elle qu'il a choisie...
 
L'islande:en personnage principal
Claude Andrieux

Du documentaire à la fiction, l'aventure fut un sacré défi. Dans l'équipe, son épouse, Françoise, chef monteuse, son fils aîné Johan, comédien, à l'éclairage, Lucas son fils cadet, et puis des amis, des potes. Avec un budget particulièrement maigre, il a fallu tourner tambour battant et "un peu ruser".
 
Un tournage "hors normes"
"Les Eléphants perdus" bouclés", c'est alors le début d'un vrai parcours du combattant pour le faire distribuer. Difficile d'arriver sur le marché avec un 1er long métrage, à petit budget et autroproduit par Nomade Productions, "parce que personne dans le milieu du cinema n'a osé ou voulu se lancer."

Récompensé à Montréal et aux USA, il est finalement sorti sur les écrans en salles, au Saint-André-des-Arts à Paris, puis au Club à Grenoble.

Quatre semaines consécutives et des séances prolongées: Des salles combles et un public conquis et touché.

C'est précisément parce qu'il a charmé les spectateurs, et la critique qu'il vient de décrocher le label "Art et Essai", " une vraie reconnaissance qui peut ouvrir désormais la route du film à d'autres salles Art et Essai, mais cette fois, à travers tout l'hexagone.
Un classement "Art et Essai"
Pour toute l'équipe du film (René de Angélis, Johan Andrieux, Marie Kaufmann, entre autres) ce label est une très jolie surprise et une grande joie. Quant à Claude Andrieux, c'est sous doute le début d'un nouveau voyage : prêt et bien déterminé à faire traverser les frontières à ses Eléphants.

Reportage Isabelle Guyader & Cédric Lepoittevin
Vous pouvez retrouver toutes les salles et les horaires des séances sur les sites des cinémas ci-dessus, mais aussi sur la page facebook du film .

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