Confinement : le bailleur social Alpes Isère Habitat organise un prix littéraire pour lutter contre l'isolement

Dix jurés, tirés au sort parmi les locataires d'Alpes Isère Habitat, vont départager cinq ouvrages écrits par des auteurs isérois. Une initiative du bailleur social pour faire de la lecture une porte de sortie pendant le confinement.
Le bailleur social Alpes Isère Habitat a lancé un prix littéraire pendant le confinement. (Illustration)
Le bailleur social Alpes Isère Habitat a lancé un prix littéraire pendant le confinement. (Illustration) © Vanessa MEYER / MAXPPP
Un prix littéraire avec, pour jurés, les locataires d'Alpes Isère Habitat. Le premier bailleur social du département, disposant de quelque 29 000 logements, a pensé cet événement pour lutter contre l'isolement pendant le confinement. "Avec la lecture, avec la littérature, avec le partage, on est sur quelque chose qui est essentiel pour les gens, qui crée du lien", estime Isabelle Rueff, directrice générale d'Alpes Isère Habitat sur France Bleu Isère.

De nombreux locataires se sont portés candidats pour intégrer le jury. Tellement nombreux que le bailleur a dû procéder à un tirage au sort pour en sélectionner dix. Parmi eux, Marie-Christine, 67 ans, et Yohann, 34 ans. Tous les deux partagent le même goût de la lecture. Une porte de sortie en temps de confinement.

"J'ai eu énormément de lectures qui m'ont emmené à aller visiter un lieu. Des villes, des pays pour la manière dont ils avaient été retranscrits, comment la vie était décrite. C'était des choses que j'avais envie de ressentir et de voir de mes yeux", raconte Yohann Filiberto, commerçant en reconversion professionnelle, père de deux petits garçons.
 
Confinement : Alpes Isère habitat organise un prix littéraire pour lutter contre l'isolement

 

"Sortir de son propre confinement"


Pour Marie-Christine Couffin, retraitée, mère d'une étudiante et voyageuse dans l'âme, la lecture représente "une ouverture, une porte, une fenêtre qui ouvre sur d'autres territoires, sur d'autres manières de penser, sur d'autres psychologies. Pour sortir de son propre confinement, c'est magique."
 
Cinq livres de cinq auteurs isérois sont à départager (voir l'encadré). Une mission délicate, mais passionnante. "C'est agréable de nous emmener vers des choses qu'on n'aurait pas forcément l'envie de lire à proprement parler. On est souvent dans notre habitude de lecture, nos auteurs, nos types de livres", explique le trentenaire.

"Peut-être que s'il n'y avait pas eu ce prix littéraire ou si ces livres ne m'avaient pas été donnés dans les mains, je ne les aurais pas rencontrés. Et ç'aurait été bien dommage", ajoute Marie-Christine. Le 11 décembre, les jurés locataires choisiront le livre qui les a le plus touché. A cette occasion, malgré la crise sanitaire, ils espèrent bien rencontrer les écrivains.
 
 
Quels sont les ouvrages en lice ?
  • Noyé vif de Johann Guillaud-Bachet. Six apprentis marins quittent le port de Sète dans une joyeuse anarchie encadrée par un moniteur de voile. Parmi eux, le narrateur, un homme sombre et secret, porte sur cette bande hétéroclite un regard doux-amer. C’est alors que se lève la plus effroyable des tempêtes. Une déferlante emporte le moniteur. Ils sont maintenant six néophytes sur ce bateau, dont un blessé. Les secours contactés les rassurent : un patrouilleur va se dérouter vers eux. Mais le canal d’urgence de la radio grésille à nouveau. Une voix très jeune supplie, en anglais : « S’il vous plaît, nous sommes nombreux, le bateau est cassé, il prend l’eau. » Le dilemme surgit aussitôt : qui doit être secouru en premier ? Six Français sur un voilier qui ne tiendra peut-être pas jusqu’au bout, ou un bateau de migrants ? Tandis que les éléments continuent à s’acharner sur eux, les six s’affrontent sur la marche à suivre et la valeur des vies à sauver.
  • Elles m'attendaient... de Tom Noti. Cela ressemble à une histoire d’amour simple et lumineuse, mais c’est sans compter sur les ombres que Max cache derrière ses silences.
  • Mikado d'enfance de Gilles Rozier. Quarante ans après les faits, le narrateur revient sur un épisode de son enfance : l’exclusion de son collège pour avoir adressé, avec deux camarades, une lettre antisémite à leur professeur d’anglais. Quelques années plus tard, il deviendra spécialiste de culture juive. Que s’est-il passé entre ces deux moments de son histoire ?
  • L'appartement du dessous de Florence Herrlemann. Dans le petit immeuble parisien du Marais où elle vit depuis des lustres, Hectorine voit d’un jour à l’autre l’appartement du dessous investi par une nouvelle voisine, Sarah. Pour lui souhaiter la bienvenue, la vieille dame dépose une lettre sur le pas de sa porte. Cette missive sera suivie de beaucoup d’autres, retraçant une traversée du XXe siècle incroyable, entre le Cabourg de La Recherche, le Berlin du IIIe Reich et le Paris d’après-guerre.
  • Une mémoire d'Indiens de Pierre Micheletti. La longue route de notre propre vie ne se dessine que lorsque nous nous retournons sur notre passé. Le jeune migrant pied-noir qui quitte l’Algérie en 1962 pour atterrir dans une ZUP de Blois ne sait alors rien de son devenir. Quelle main invisible va guider la construction de sa vie ? Quelles influences auront, dans son cheminement, la confiance de sa grand-mère, la mystérieuse injonction de son père « Peigne-toi, tu ressembles à un Indien ! », les copains du quartier de sa jeunesse, ses professeurs ?
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