Le dispositif d'hébergement hivernal n'est pas suffisant en Isère, selon Droit Au Logement et Un Toit Pour Tous

Ce 19 novembre 2019, le plan d'hébergement hivernal était très attendu par les associations iséroises. Alors que se tenaient les dernières discussions à la Préfecture, l'association Droit Au Logement manifestait pour dénoncer l'immobilisme de l'Etat face à la pauvreté grandissante.

Par Jean-Christophe Pain

La Préfecture de l'Isère a révélé les chiffres ce 19 novembre 2019 : en plus des 1510 places d’hébergement d’urgence à l’année, le dispositif hivernal ouvrira 550 nouvelles places jusqu'en mars 2020 sur l'ensemble du département, soit 200 de plus que l'an dernier. Sans compter 2278 places pour les demandeurs d’asile à l’année.

Deux nouveautés cet hiver : la maraude devient professionnelle sous l’égide de La Croix Rouge. Les "maraudeurs", qui vont à la rencontre des sans-abri la nuit, ne sont donc plus des bénévoles mais des personnes employées pérennes.

Et un accueil de nuit, la "halte de nuit" est créé à Grenoble, en collaboration avec la Ville, pour des personnes en transit-attente d'hébergement. La "halte de nuit" compte une quarantaine de places.
 
L'interview de Lionel Beffre, Préfet de l'Isère
Reportage : C. Aubert, D. Bourget
 

La situation reste critique selon les associations


Malgré ces efforts, la situation reste critique, selon les associations Droit Au Logement et Un Toit Pour Tous. 

Selon ces associations, l'an passé 6 500 isérois étaient privés de domicile personnel, dont 1 750 à Grenoble. En 10 ans, le nombre de personnes sans-abri aurait doublé, à Grenoble comme ailleurs. 

Pour Raphaël Beth, membre de Droit au Logement 38 : "on ne voit pas de changement de cap, et le premier responsable c'est l'Etat. Il  peut baisser les loyers, réquisitionner des logements vides, arrêter les expulsions, il dispose d'un fonds social pour indemniser les propriétaires."

Les associations réclament la réquisition des logements vides. Grenoble en compterait 10 000, dont une partie à la Villeneuve.
 
Le plan d'hébergement hivernal en Isère est insuffisant selon les associations
Intervenants : Raphaël Beth Membre de Droit au Logement Le DAL 38, André Béranger Collectif RIC Arlequin Reportage : C. Aubert, D. Bourget

L'association Un Toit Pour Tous, partenaire de la Fondation Abbé Pierre, présente des chiffres édifiants dans son dernier rapport sur le mal-logement en Isère.
 

Rapport sur le mal logement en Isère 2018 2019 by F3Alpes on Scribd


Au moins 1700 personnes sans domicile personnel 


Le 30 janvier 2019, Grenoble-Alpes Métropole et l’Observatoire de l’Hébergement et du Logement d’Un Toit Pour Tous ont organisé une « Nuit de la Solidarité » sur le territoire de la Métropole.

La "Nuit de la Solidarité" est un projet de dénombrement des personnes privées de domicile personnel à un instant T et, pour la première fois en France, à l’échelle d’une agglomération et non d’une ville.
 

Cette observation de terrain a révélé au moins 1757 personnes privées de domicile personnel sur le territoire métropolitain. Parmi elles, 346 n'avaient pas la possibilité de passer la nuit en dehors de la rue (dont 242 dormaient dans un "abri indigne", campement ou squatt).

Sur ces 1757 personnes, 439 étaient accueillies dans le cadre du fameux dispositif hivernal mis en place par l'Etat. Et 829 vivaient dans des structures d'urgence. 

Au moins 20% des personnes rencontrées étaient des femmes et 26% des jeunes de moins de 25 ans. 

Pour Un toit pour tous, l'hébergement d'urgence est saturé. "Malgré la pérennisation de nouvelles places chaque année, le dispositif n'arrive pas à répondre aux besoins du territoire". Le taux d'admission ne dépasserait pas les 31%. 







 

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