Une exposition sur le contrôle au faciès fait polémique à Grenoble

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Écrit par France 3 Alpes

Du 7 octobre au 26 novembre 2017, la place de Verdun, à Grenoble, accueille une exposition sur les contrôles au faciès. Intitulée "Egalité trahie : impact des contrôles au faciès", l'exposition installée face à la préfecture n'est pas du tout du goût du syndicat policier Alliance. 

"Quand le contrôle conduit au délit", "les contrôles au faciès sont illégaux"… Place de Verdun à Grenoble, les témoignages et portraits grands formats de l’exposition "Égalité trahie : impact des contrôles au faciès" ne passent pas inaperçus.

En place depuis le 7 octobre 2017, l'exposition de photos d'Ed Kashi est passée par Paris, Strasbourg, ou Toulouse. Cinq Conseils Citoyens Indépendants grenoblois ont travaillé ensemble pour la faire venir dans la capitale des Alpes.

"En finir avec le contrôle au faciès"


Habituellement, ces micro-organismes composés de 50% de volontaires et de 50% de citoyens tirés au sort sur les listes électorales, travaillent à l’échelle de leur quartier. Mais pour la première fois, plusieurs d’entre eux ont travaillé à ce projet culturel commun.

"J’ai beaucoup d’amis et de connaissances qui ont été ou sont victimes du contrôle au faciès et je ne trouve pas ça normal. Le but de l’exposition est avant tout de recréer un dialogue avec les forces de l’ordre pour en finir avec ce type de contrôles", explique l'initiatrice du projet.

Car ce qui est reproché à l’exposition, notamment par le syndicat Alliance Police Nationale, c’est "son côté provocant du fait de sa situation, face à la préfecture". Selon certains représentants des forces de l’ordre, l’exposition qui a été créée en 2010 est "trop vieille et ne représente pas la réalité d’aujourd’hui qui a beaucoup évolué."


Selon le syndicat policier, "des progrès ont été faits depuis 2013 et la mise en place d’une plateforme pour signaler les abus policiers présumés." Cette exposition "stigmatise" selon lui "une fois de plus les forces de l’ordre, comme l’avait fait la fresque peinte en juin 2016 dans le cadre d’un festival de street art qui représentait deux CRS frappant Marianne sur le sol."

Lors de l'inauguration de l'exposition, le 7 octobre, une table ronde autour de la question des contrôles au faciès avait été organisée. Si la police de Grenoble n'avait pas souhaité y participer, Jean -Pierre Havrin, ancien Directeur Départementale de la Sécurité Publique de Haute-Garonne, avait répondu présent à l'invitation. Lors de cette journée d'échanges, il a évoqué la police de proximité, sujet au coeur de l’actualité, et en soulignant son rôle et son importance pour lutter contre ces discriminations et construire des relations apaisées entre la police et la population.

L’exposition doit durer jusqu'au 26 novembre prochain.

Une exposition sur le contrôle au faciès fait polémique à Grenoble